• Noël de clandestins

     

    Elle est arrivée en France,
    Une valise et deux enfants en bas âge,
    Son mari a été incarcéré dans leur pays.
    Elle a pu sauvegarder son passeport,
    Espérant que son mari pourrait un jour le rejoindre.

    Marche forcée à travers les montagnes,
    Évitant les grandes villes et agglomérations,
    Se faufilant de village en village
    Pour éviter la police
    Elle arrive en France, épuisée et amaigrie.

    Ses deux enfants ont joué le jeu,
    Acceptant les restrictions,
    Avançant jusqu’à épuisement,
    Secourus par une association,
    Qui l’a mise à l’abri dans une petite tente.

    Tous les jours, elles avaient rendez-vous au resto du cœur ;
    C’est là qu’une bénévole lui a proposé un autre logement,
    Un local en bois au fond d’un jardin,
    Au moins pour passer l’hiver,
    Et lui obtenir de vrais papiers.

    On était en décembre,
    Noël n’avait plus de sens pour elle,
    Ses enfants n’attendaient rien ;
    Des cadeaux, ils ne savaient pas ce que c’était ;
    A manger était leur principal souci.

    Comme chaque jour en hiver,
    Le 25 décembre, ils étaient au lit dès 20 heures.
    A trois, sur la banquette lit,
    Ils se réchauffaient mutuellement,
    Bien souvent le ventre vide.
    Peu après elle entendit frapper à sa porte,
    Toute tremblante, craignant toujours la police,
    Elle entrouvrit doucement,
    Des voies se firent entendre : joyeux Noël !
    C’étaient les propriétaires du cabanon.

    En mains de nombreux paquets,
    Qu’ils déposèrent sur le lit.
    Les enfants tremblaient encore de peur.
    La femme leur dit : à demain midi,
    Nous vous attendons pour partager notre repas.

    Aucun mot ne sortait de leur bouche,
    Même pour dire merci.
    Les visiteurs se retirèrent doucement,
    Comme l’aurait fait le Père Noël.
    De la fenêtre la maman les vit rentrer chez eux.

    Quelques guirlandes éclairaient leur domaine.
    Les paquets ouverts, ils trouvèrent de quoi manger,
    C’était la fête
    Des jouets pour les enfants,
    Une robe pour la maman.

    Il ne manquait que le papa pour se réjouir pleinement.
    Qu’était-il devenu ?
    Elle ne pouvait lui écrire et encore moins lui téléphoner.
    Elle était toujours une clandestine,
    Dans un pays où elle apprenait la langue.
    (13/12/2019)

     


  • Commentaires

    8
    Mercredi 22 Janvier à 09:36
    Annick SB

    Bravo pour ce texte très émouvant et vive les associations et les personnes bienveillantes et aidantes ! 

    7
    Mercredi 18 Décembre 2019 à 21:47
    colettedc

    Que c'est prenant, ce texte, Daniel et si beau tout à la fois !

    Bonne soirée !

    6
    Evy
    Mercredi 18 Décembre 2019 à 20:39

    Quelle tristesse pour ses sans abris ça prend au cœur tes mots me touche beaucoup bonne soirée à toi bisous

      • Mercredi 18 Décembre 2019 à 20:59

        Merci Evy pour ce commentaire. Bonnes fêtes de fin d'année. Daniel

    5
    Mercredi 18 Décembre 2019 à 19:06
    Séverine

    Très émouvant, un vrai Père Noël, ça change !

      • Mercredi 18 Décembre 2019 à 20:58

        J'en ai un autre sur le handicap qui se termine par le titre de ton dernier livre. Bonne soirée. Papa

    4
    Mercredi 18 Décembre 2019 à 17:04

    Ton émouvant poème m'a mis les larmes aux yeux. C'est magnifique !

    Voilà, selon moi, ce que devrait être Noël.

    Merci, mon ami, pour ta belle générosité de coeur.

     

      • Mercredi 18 Décembre 2019 à 20:57

        Et si tout le monde faisait un pas en ce sens ! Ce serait un joyeux Noël. Bonne soirée. Daniel

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