• Inès prénom chez Jill

    Ma première école

    Je me souviens de cette première rentrée,
    Un jour d’été.
    Ma mère avait les larmes aux yeux,
    Mon esprit voguait dans les cieux.
    Une dame, un voile sur la tête, nous attendait derrière la grille,
    Que les parents ne pouvaient entrer à cause de ce gorille.
    Mur infranchissable pour eux,
    Avec un bisou, il fallait dire adieu

    La dame n’acceptait pas Inès comme prénom ;
    Pour elle, aucun saint ne portait un tel nom.
    Je ne pouvais ni entrer ni sortir
    Comment cette entrée allait aboutir.
    Inès ne pouvait pas figurer sur la liste de nouveaux !
    Elle me fit asseoir à côté d’elle ; j’étais dans son dos,
    Figée de peur,
    Le visage blanc de stupeur.

    La grille refermée juste à l’heure,
    L’école devenait un lieu de malheur.
    Elle m’entraina à travers de grands couloirs,
    J’avançais dans le noir.
    J’ai dû attendre debout à côté d’une porte,
    À demi-morte.
    Je fus introduit dans une grande pièce.
    Où trônait une abbesse.

    Quels sont ton nom et ton prénom,
    Me demanda sèchement la dame dont je ne connaissais pas le nom ?
    Elle avait sur la tête un grand chapeau blanc,
    De la couleur des bancs.
    Inès est mon prénom,
    Ce n’est pas un surnom.
    Je trouve bien ton nom sur la liste,
    Mais il ne se trouve pas dans le casuiste.

    J’ai su plus tard qu’elle était la directrice ;
    Son chapeau blanc s’appelait une cornette,
    Qui arrondissait sa binette.
    C’était une sœur conciliatrice.
    L’école appartenait à sa congrégation
    Par le biais d’une association.
    La directrice était la sœur supérieure,
    Qui conduisait la communauté, même les nettoyeurs.

    De quel pays viens-tu, me dit-elle à son aise ?
    Je suis née à Bordeaux et je suis française.
    J’ai toujours eu ce prénom,
    Qui précédait mon nom.
    Ma sœur, allez la conduire dans sa classe,
    Elle m’y envoyait de guerre lasse.
    Je verrai ce problème plus tard ;
    Pourquoi avoir donné un tel prénom à ce moutard.
    (03/06/2020)


  • Commentaires

    16
    Vendredi 5 Juin à 16:50

    L'école d'avant n'était pas toujours une partie de plaisir :(. Aujourd'hui, on ne verrait plus une telle discipline de fer et c'est tant mieux, même si à l'inverse, le laxisme n'est pas meilleur, parce que tout de même, stigmatiser un enfant à cause de son prénom ! 

      • Vendredi 5 Juin à 18:04

        Maintenant la balance penche dans l'autre sens. Bonne soirée. Daniel

    15
    Mercredi 3 Juin à 20:26
    colettedc

    Moi, je n'ai jamais été témoin du refus d'un prénom à l'école mais j'ai entendu lorsque j'étais enfant qu'au moment de faire baptiser un bébé, un prénom d'un saint ou d'une sainte était exigé. Bonne soirée Daniel !

      • Jeudi 4 Juin à 10:16

        Tu as raison ! C'était une règle dans l'Église. Bonne journée. Daniel

    14
    Mercredi 3 Juin à 17:17
    Renée

    ça me rappelle étrangement les pensionnat ou j'ai séjourner plus que mon dû! Bisous Bravo bravo

      • Jeudi 4 Juin à 10:15

        On n'en est pas mort ! Bonne journée Ren&e. Daniel

    13
    Mercredi 3 Juin à 13:53

    C'est souvent dans les écoles religieuses que l'intolérance est la plus forte. J'en ai hélas été victime petite pas pour mon prénom classique mais pour ma condition sociale, et oui !

      • Mercredi 3 Juin à 14:04

        Heureusement tout a bien changé. Bon après-midi. Daniel

    12
    Mercredi 3 Juin à 11:26

    Bonjour Daniel, ah bon ? Inès n'a pas toujours été un prénom en odeur de sainteté ? Ce n'est plus le cas mais toi, tu nous fais frissonner en racontant un épisode sombre de l'entrée à l'école de cette enfant. Bravo, bises.

      • Mercredi 3 Juin à 14:03

        C'est un peu le reflet de ma première rentrés à l'école d'avril à juillet ; ensuite nous avons déménagé. Bon après-midi. Daniel

    11
    Mercredi 3 Juin à 10:46

    Bonjour Daniel,

    Fort heureusement, on ne refuse plus un enfant dans une école à cause de son prénom. Bon, d'autres critères de refus sont apparus depuis. Mais on peut porter même un prénom totalement bizarre et avoir sa place sur les bancs. 

    La mère supérieure n'avait finalement pas un si mauvais fond, elle était juste trop influencée par le carcan de sa religion. Et finalement, tout s'est bien terminé.

    Bon mercredi.

    Fabrice

      • Mercredi 3 Juin à 11:25

        Liberté des prénoms, je veux bien, mais il faut penser à l'avenir des enfants qui auront à le porter toute leur vie. Bonne journée. Fabric

         

    10
    Mercredi 3 Juin à 09:36

    Il y a de quoi se poser des questions

    pauvre Inès,

    comment comprendre cette fixation

    sur son prénom ????

    Triste rentrée !

      • Mercredi 3 Juin à 11:23

        A l’époque, en école religieuse tout prénom devait venir d'un saint reconnu par l'Église. Bonne journée. Daniel

    9
    Mercredi 3 Juin à 08:09
    Séverine

    Quand on voit certains prénoms de nos jours, ta brave sœur s'arracherait les cheveux.

    8
    Mercredi 3 Juin à 06:49

    Bonjour élève Chaton Daniel, oups alors cette école... accepter ou pas selon son prénom, pas en odeur de sainteté, ben à la cour de récré Inès tu es la bienvenue ! MERCI à toi, bises de m'dame JB 

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