• La cuisinière

    La cuisinière


    De bonne heure ce matin
    Le long de ce petit chemin,
    Aidée de son bâton
    Qui d’elle a eu raison
    Elle avançait doucement
    Pour prendre l’air évidement.

    Elle a du mal à marcher
    Seule, elle n’est pas effarouchée ;
    Elle le connait bien ce petit chemin
    Lisse comme un parchemin.
    Quelqu’un a ôté tous les cailloux
    Pour ne pas écorcher ses genoux.

    Le ciel était tout bleu.
    On m’appelait le cordon-bleu.
    Pour elle, que de soucis
    A son âge, le grand oubli.
    La maladie d’Alzheimer commençait à la taquiner
    Et sa tête embruinée.

    Et pourtant elle côtoyer encore des cuisinières
    Dans des rencontres saisonnières,
    Où chaque femme cherche à exister
    En dehors de toute éternité.
    Qu’elles soient veuves ou à coté de leur mari,
    A cette vie, elles n’étaient pas aguerries.

    Elle cesse de faire des repas très fins
    Car sa tête comme celle des dauphins
    Ne répond plus au quart de tour,
    Il faut que ça finisse un jour.
    La nuit elle ne pense plus à faire de la cuisine
    Comme lorsque mon mari travaillait en usine.

    Seule aujourd’hui,
    Cette activité elle la fuit.
    Elle se sent bien seule
    Comme a fini son aïeule.
    Et bientôt en maison de retraite,
    Elle ne serait plus le grand maitre.
    (30/01/2019)

     


  • Commentaires

    3
    Mardi 5 Février à 10:15

    On se rejoint sur ce billet...

    2
    Dimanche 3 Février à 18:39

    Bonsoir Daniel

    Un poème très émouvant. Eh oui, c'est la dure réalité de la vie...

    Belle soirée !

    1
    Dimanche 3 Février à 18:31
    Séverine

    Ah la dure loi de fin de vie !

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