• Ma vision du puits de âges

    Sur la margelle d’un puits

     

    Assis sur la margelle d’un puits
    Autour de lui, aucun bruit.
    Les jambes pendantes vers les profondeurs
    De ce boyau aux mauvaises odeurs,
    Il ne sent pas le soleil qui brille et chauffe l’air.
    Sur ses yeux des œillères.
    Son âme est noire, glacée par le froid
    Que lui seul ressent et croit.
    Le silence est pesant,
    Comme un être agonisant.
    Le temps n’existe plus.
    De la vie, il se sent exclu ;
    Seul, abandonné des hommes
    Qu’il compare à des fantômes.
    Il regarde le fond du puits,
    Les deux mains sur le bord en appui.
    Comme son âme, le fond est noir,
    Il peut à peine le voir,
    Mélange d’eau et de boue,
    Dans lesquelles il veut s’enfoncer jusqu’au cou.
    Va-t-il se lancer et le boire,
    Se fracasser sur les parois de pierre,
    Qui forment une crémaillère ?

    Une main se pose sur son corps éperdu
    Serait-il défendu ?
    Main de l’amour
    Qui près de lui accourt.
    L’angoisse qui l’avait envahi,
    Créant en lui un véritable fouillis,
    S’apaise doucement
    Sans aucun affolement.
    Le noir de son être disparait.
    Le soleil du jour dans ses yeux transparait,
    Et pénètre son âme qui s’éclaire
    Chassant la galère
    Qui l’habitait et l’avait amené au bord de ce conduit
    Ecartant de lui tout bruit.
    Miracle de l’amour
    Qui existe partout.
    En lui la lumière filtre
    Et son âme soupire.
    Le feu du soleil de son cœur
    enflammé non par une lumière extérieure,
    Qui agirait comme un broyeur
    Mais juste une flamme
    Que la vie réclame,
    À l’intérieur de lui
    Chassant toute pluie,
    Flamme de l’amour,
    Qui ouvre un carrefour,
    Effaçant ce noir qui l’envahissait,
    Et le couvrait d’abcès.

    Amour, toi qui me prend la main,
    Tu réchauffes ce froid,
    Encré profondément en moi.
    Tu as comblé ce silence,
    Qui me brulait comme un fer de lance.
    Tu es une lumière éclatante,
    Laisse-là brillée, elle est compétente.
    Des profondeurs de ce puits
    Avec toi je me suis enfui.
    Tu m’apportes les couleurs
    Des espoirs de mon cœur.
    Les prés fleuris du printemps,
    Qui viendra en son temps,
    Les montagnes et les vallées,
    Les rivières et les forêts,
    Tu les photographieras au fond de mon cœur,
    À l’encre de ton âme
    Que jamais je ne blâme,
    Car tu es venu à l’heure,
    Pour effacer mes peurs.
    (20/01/2019)

     


  • Commentaires

    4
    Jeudi 24 Janvier à 23:09

    Si c'est du vécu, alors c'est encore plus touchant.

    3
    Dimanche 20 Janvier à 19:55
    Séverine

    Superbe, j'adore !

    2
    Dimanche 20 Janvier à 18:57

    Ton poème est magnifique, Daniel.

    Tu as su dépeindre le contraste entre la noirceur du puits et l'espoir lumineux que diffuse la lumière au fond de nos cœurs.

    Un très beau moment de lecture. Merci !

    Bonne soirée !

      • Dimanche 20 Janvier à 20:45

        Derrière ce poème, c'est du vécu. Bosous

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