• Le mendiant sans abri

    Chaque matin vous me voyez,
    Le corps broyé
    Devant la boulangerie ;
    Avec moi, pas de ménagerie ;
    Assis sur un sol glacé,
    Devant vous, je suis angoissé
    De tenir des heures sans bouger,
    Sans jamais être dédommagé.
    Je reste immobile,
    Sans être débile.

    Une petite boîte devant moi,
    Car je suis aux abois,
    Pour récolter quelques piécettes,
    Pour emplir mon assiette.
    J’ai le ventre vide,
    Les yeux livides,
    Qui n’osent vous regarder ;
    Tout mon être est chambardé,
    Devant vous qui mangez à votre faim,
    Et sentez le parfum.

    Je suis sans abri,
    Toutes mes dents sont cariées.
    Mon sac a été volé
    Et je suis affolé.
    Il ne me reste que les fringues que je porte,
    Chez moi, il n’y a pas de porte.
    Je ne suis pas confiné,
    La police ne peut me baragouiner,
    Car elle n’a pas d’abri à me donner
    Et ne veut pas me ballonner.

    Vous qui passez ici chaque matin,
    Et croisez mon chemin,
    Vous pouvez faire quelque chose pour moi
    Et apaiser mon émoi.
    Trouvez-moi un autre sac
    Dans lequel mes affaires seront en vrac ;
    Quelques vêtements même rapiécés,
    Pour ne pas me rabaisser.
    Je veux être un homme debout
    Sans aucun tabou.

    Etre propre pour quémander du pain,
    À toutes ces dames qui sentent le parfum.
    Je trouverai toujours un endroit pour me coucher
    Et certains jours me doucher.
    Je veux être présentable,
    Et devant vous, agréable.
    Un sans-abri est toujours un homme.
    Il ne vit pas dans un royaume.
    Mais il garde sa fierté,
    Malgré la dureté.
    (29/04/2020)

     


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  • Dites, si c’était vrai !

     

    Et si Dieu n’existait pas,
    Tu ne serais pas sur la planète
    À te poser ce genre de question,
    À réfléchir à ton avenir,
    Tu serais néant.

    Notre univers serait aux abonnés absents ;
    Pas de soleil pour ouvrir le jour,
    Pas de lune pour le fermer,
    Pas d’étoiles pour te bercer,
    Tu n’existerais pas.

    Peut-on imaginer ce grand vide,
    Où rien n’existerait,
    Que toute vie aurait déserté.
    Avenir inexistant,
    Espoir inutile.

    Si le créateur n’avait pas insufflé l’humain,
    Son être ne serait que vide,
    Sans corps et sans âme.
    Aucune vanité de sa part,
    On ne parlerait pas de lui.

    Si Dieu existait réellement,
    L’univers subsisterait,
    Notre planète aurait un sens
    Elle serait remplie d’humains,
    Touchés par le coronavirus.

    L’homme ne jouerait pas au sorcier,
    Pour être le maître d’un monde,
    Qu’il n’a pas créé,
    Mais qu’il veut s’approprier,
    Pour sa propre gloire.

    Peux-tu dire que tu es néant,
    Qu’aucun individu n’existe.
    Que notre planète n’est que fumée,
    Que l’univers est une invention,
    Invention de qui !

    Oui, Dieu existe.
    Pas un Dieu fabriqué par les hommes !
    Un être spirituel,
    Que l’on découvrira après notre séjour sur terre,
    Un être d’Amour.
    (21/04/2020)

     


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  • C’était leur choix

    C'était leur choix

    Ils voulaient faire une virée,
    Leurs parents étaient en colère,
    Le virus, ils ne voulaient rien savoir.
    Que les jeunes peuvent être sots
    Devant un interdit ! Ce n’est pas leur affaire !

    Le vase de Soissons,
    Une histoire à dormir debout !
    La respiration bloquée !
    Ils ne craignent rien. Ils font du sport !
    Maman, je pars, un point c’est tout !

    L’attestation ne sert à rien.
    D’ailleurs pas de policiers sur nos chemins.
    Ils ont autre chose à faire,
    Sur les grandes routes,
    Et les autoroutes.

    La couleur du ciel, un brun foncé,
    Presque marron, ne leur fait pas peur.
    Une touche au bord du lac,
    Ce sera le bonheur, même s’il pleut.
    Quelques jonquilles du jardin comme appât !

    Les parents ne nous laissent rien entreprendre à l’extérieur,
    Ils tremblent devant le virus, c’est leur quotidien.
    Pour les scientifiques, on n’est pas des personnes à risques.
    Les vieux, oui.
    Peut-être nos parents.
    (23/04/2020)

     

     


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  • Le silence est d’or 

    Seul dans la petite clairière,
    Assis sur un banc
    Au pied d’un grand chêne,
    Il écoute le silence de la nature,
    N’osant griffonner sa feuille
    Qui reste blanche.

    Le poète est subjugué,
    Le silence saisit son âme,
    Tout son être le respecte.
    Silence des oreilles,
    Silence du cœur,
    Tout est silence dans cette forêt.

    Les oiseaux sont muets
    La nature est figée.
    Pas un bruit,
    Pas un son,
    Pour cette aurore qui ouvre le jour,
    À l’aube d’une nouvelle journée.

    Au loin, le hibou s’est réveillé ;
    Le premier appel d’un matin muet.
    Aucun écho ne lui répond.
    Pour lui aussi le silence s’applique.
    À cette heure le silence est d’or,
    Les mots ne peuvent sortir.

    Le soleil apparaît peu à peu ;
    Ses rayons atteignent la planète ;
    La lune se retire comme les étoiles.
    Devant cette lumière qui illumine la clairière,
    Le poète somnolent ouvre les yeux,
    Les oiseaux chantent de joie.

    Sa feuille est restée blanche.
    Sa muse a écouté le silence,
    Silence de la nature, silence des mots
    Le stylo griffonne quelques pensées,
    Les premiers d’une longue liste,
    Qui s’étalent sous la main du poète.

    Les vers défilent,
    Les rimes surgissent des profondeurs de sa mémoire ;
    Le poème prend forme.
    Il peint le silence de la clairière,
    Celui de la nature,
    Que le poète comprend.

    Le titre sera celui du silence,
    Un silence d’or,
    Et la parole d’argent
    À l’aurore d’une belle journée.
    Le poète peut s’endormir sur le banc,
    Le silence a rempli sa feuille.
    (24/04/2020)

     

     


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  • La fantaisie

    Défi n° 263 chez Plume de poète

    Fantaisie de la nature
    Qui refusent toute caricature,
    Que les hommes dessinent
    À la manière de bécassine,
    Face à la beauté de ses paysages
    Qui manquent souvent d’arrosage.

    Pas un bruit, pas un son,
    Pour cette nouvelle saison ;
    Elle se laisse emporter par la bise
    Qui souffle de la banquise.
    Le vent se faufile et glisse entre les arbres,
    Qui deviennent aussi froids que du marbre.

    Une fine pluie attire dehors de nombreux oiseaux,
    Et bien d’autres animaux,
    Qui vont boire en se baignant dans les quelques flaques d’eau,
    Un magnifique cadeau.
    La flétrissure a envahi les fougères
    Qui ne sont plus fourragères

    Le moindre recoin du bois,
    Est un peu aux abois.
    La nature a ses fantaisies,
    Qui ressemblent à des amnésies,
    Mélangeant les saisons,
    Au gré de ses chansons.

    Les rayons du soleil venus des régions astrales,
    N’ont rien de libéral,
    Quand ils ne respectent pas le calendrier
    Qu’ils ont d’ailleurs maquillé.
    S’enfuient les animaux devant de telles menaces,
    Pour eux trop tenace.


    Le printemps dans les mois d’hiver,
    Nous laisse à découvert.
    Le froid d’hiver au milieu du printemps,
    Brulent les bourgeons trop souvent.
    L’été s’étale sur l’automne
    Qui devient atone.

    Quatre saisons dans l’année,
    Qui ne devraient pas se chicaner,
    Si chacune devrait refuser les fantaisies,
    Qui manquent de courtoisie.
    Ensemble respectons le règles,
    Aucune ne doit être espiègle.
    (26/04/2020)

     

     


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  • Le vent
     

    Invisible à nos yeux ?
    Tu fais trembler les cieux.
    Braillant à nos oreilles,
    Tu repousses vers la terre les bouteilles.
    Tu zigzagues à la surface de la mer,
    Lui donnant un goût amer.

    Tu cognes les falaises,
    De craie ou de glaise,
    Tu les fais reculer,
    Pour mieux les modeler,
    Sous un ciel blafard,
    Qui nous donne le cafard.

    Tu propulses les voiliers
    Comme le ferait un bélier,
    Vers le centre de la mer,
    Faisant crier les commères.
    Dans un frémissement de vagues,
    Tu leur fais une blague.

    L’envol des oiseaux suit ton itinéraire,
    Te prenant pour un confrère
    Le ciel est habillé de ces animaux,
    Que tu trouves très beau.
    Ils s’envolent dans le ciel,
    Comme des êtres immatériels.

    Soudain ton souffle se calme,
    Ne bouge, aucune palme.
    Les voiliers font du surplace,
    Pour eux, la mélasse.
    Infinies tes origines,
    Comme de nombreuses algines.
    (20/04/2020)



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  • Le puzzle du temps
     

    Le puzzle du temps

    Ne cours pas après,
    Il est là dès ton réveil,
    Devant toi.
    Il est là pour toi ;
    Ne le cherche pas ailleurs.
    Demain sera un autre temps.
    Le sablier se vide et se remplit.

    Cueille-le au passage ;
    Il est unique !
    Hier, c’est du passé ;
    Demain c’est l’avenir !
    Ne tarde pas,
    Il n’a qu’un passage.
    C’est la vie.

    Quel que soit ta situation,
    Des peurs à combattre,
    Une contrarié à surmonter
    Absence de sortie,
    Besoin de prendre l’air !
    Fais-le aujourd’hui,
    Ne perds pas ce trésor.

    Écoute ton cœur,
    Reste maître de ton temps,
    Mets-y tout ton énergie !
    Savoure chaque instant,
    Comme si c’était le dernier.
    Goutte la vie,
    Tu n’en a qu’une.

    Les joies et Les peines,
    Prends-les à bras le corps.
    Ton temps est précieux,
    Ne le gaspille pas.
    Éternel présent,
    Qui efface le passé,
    Et se laisse surprendre par l’avenir.

    Espoir emballant,
    Prends-le à bras le corps.
    Fais ce que tu peux,
    Pas forcément ce que tu veux.
    Tes cheveux blanchissent
    C’est le rythme du temps,
    Du temps passé.

    Ouvre ton cœur à l’avenir,
    Sème beaucoup d’amour ;
    Sa fleur fleurira en ton cœur.
    Ta jeunesse t’a quitté,
    Le temps est précieux,
    On ne te l’a pas volé,
    Tu t’es adapté à ta vie.
    (14/04/2020)


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  • La balançoire et le toboggan

    Regarde ce jardin,
    Personne sur les chemins
    Les enfants se sont enfuis,
    Ils ont pris un autre circuit.

    On se croirait en hiver ;
    Le ciel est pourtant bien découvert,
    Le soleil nous illumine
    Où sont passés gamins et gamines ?

    Le parc a été fermé !
    Nous n’avons pas attrapé le fameux virus,
    Celui que nous ont envoyé les Russes,
    Ou les Chinois bien renfermés !

    Tu n’as rien compris toboggan !
    Ne soit pas aussi arrogant ;
    Personne ne te veut du mal,
    Nous sommes dans une situation anormale.

    Tout le monde est enfermé dans son logement,
    C’est le grand chambardement.
    Tu n’es pas un article de première nécessité,
    Là-dessus, aucune ambigüité.

    Regarde cette plume qui tourbillonne dans le parc !
    Ce n’est pas un produit de première nécessité !
    Les gens les jettent à la poubelle.
    Ne crois-tu pas que c’est une arnaque ?

    La plume ne peut pas attraper le virus
    Qu’il vienne de Chine ou de Prusse !
    Sois raisonnable,
    Ta position n’est pas croyable !

    Le confinement c’est pour le bien des enfants.
    As-tu envie qu’ils reviennent rapidement ?
    Il faut les protéger
    Le confinement sera ensuite allégé.

    Quand tout le monde sera guéri,
    Notre parc redeviendra une féérie.
    Les petits reviendront avec leurs parents,
    Tout doit être transparent.
    (11/04/2020)





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  • La beauté

    « Cueillez, cueillez votre jeunesse, comme à cette fleur,
    La vieillesse fera ternir votre beauté » (Pierre de Ronsard)

    Le temps s’est écoulé comme du sable entre nos doigts.
    Dans un tourbillon, sans même nous en rendre compte,
    Le soleil et la lune ont poursuivi leur cycle,
    Etre ou ne pas être, ils ont choisi.

    L’âge a terni sa beauté,
    L’amour en a redoré le blason.
    Il faut accepter l’évolution de son corps,
    Le tien comme le mien.

    Tes cheveux se sont raréfiés,
    Ma tonsure s’est élargie.
    Tu as un peu de duvet sous ton nez,
    Chaque jour je rase mon visage.

    Ton ventre s’est arrondi,
    Le mien s’est développé.
    Te souviens-tu, il y a quelques années,
    Mon ventre était bien plus gros.

    Tu le regardais se développer ;
    Tu l’embrassais chaque soir quand je sortais de la douche ;
    Ta joue posée délicatement sur mon abdomen,
    Tu cherchais les mouvements de celui que je formais.

    C’était notre premier bébé ;
    Tu l’attendais avec moi,
    Tu étais pressé d’entendre ses premiers cris ;
    Tu ne dénigrais pas ma taille.

    La beauté n’a pas d’âge ;
    Elle est toujours prête à s’épanouir,
    Pour le bonheur du couple,
    Et de leurs enfants.

    Oui, cueillez, cueillez votre jeunesse ;
    Ne la laissez pas se faner.
    La fleur refleurit chaque année,
    Toujours plus belle.

    La jeunesse ne vieillit pas avec les années,
    Elle se transforme,
    Elle s’épanouit,
    Elle est de plus en plus belle.

    À chaque âge sa jeunesse,
    Sa beauté évolue.
    Gardez toujours la fleur de votre jeunesse,
    Elle fera de vous un magnifique bouquet.
    (08/04/2020)





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  • Balade Printanière

    Défi 261chez Evy


    Balade, seul ou en groupe,
    Entouré d’une troupe,
    Sous un soleil radieux,
    Au son d’airs mélodieux
    À la recherche de liberté et de bonheur
    Sur un chemin environné de jolies fleurs,
    Toutes odorantes, certaines envoûtantes,
    À nos narines consentantes,
    Accompagnées du chant des oiseaux,
    Au bord de l’eau.

    C’est un rêve pieux,
    En ce jour où nous célébrons le fils de Dieu,
    Cloisonnés dans nos quatre murs
    Par un confinement qui dure,
    Espérant un futur proche,
    Où nous pourrons jouer au gavroche.
    Ce confinement nous envoûte d’un manque,
    Pas uniquement le manque de pétanque,
    Le manque de liberté,
    Et du soleil, sa clarté.

    Manque de nature,
    De promenade dans la verdure,
    De chemins zigzagants au milieu des prés,
    Refusant de penser à l’après.
    Nos yeux se poseraient sur le velours
    De ces roses chamarrées, autour de la cour
    Qui nous enivrent de leurs multiples odeurs.
    La nature est fermée à toute heure,
    À tous ceux qui aimeraient s’y promener,
    Sans être enchainés.

    La nature est en fête,
    Regardant sortir les troupeaux de bêtes,
    Enfermés depuis des mois
    Plus quelque fois,
    Pour brouter l’herbe fraîche
    Parfois un peu rêche,
    Dans des pâtures reverdies,
    J’en suis abasourdi.
    Et nous qui sommes enfermés
    Face au virus non armés.

    La nature est si belle,
    Chaque année, elle est nouvelle.
    Elle nous offre mille couleurs
    Pour notre plus grand bonheur.
    Elle nous lance de nombreux défis à relever,
    Nous qui sommes des êtres bien élevés,
    Car elle pleure la perte de sa beauté,
    Par nos activités mouvementées,
    Qui la déprime de plus en plus,
    De notre vie, elle se sent exclue
    (13/04/2020)



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  • Le supplicié

    Ils ont eu sa peau !
    Depuis longtemps, ils en rêvaient.
    Ses paroles les faisaient frissonner.
    Un roi !
    Ils avaient peur de perdre leurs privilèges.
    Les réactions possibles des Romains, n’étaient qu’un prétexte.
    Le grand sabbat sans sa présence,
    Quelle aubaine.
    Ils n’ont plus peur de lui.
    Il a rendu son dernier soupire.

    Le sale travail, ils n’ont pas voulu le faire.
    Leur pureté, il fallait la préserver.
    Ils ont joué sur les mots :
    Nous n’avons pas le droit de mettre à mort quelqu’un !
    Et la lapidation ne les gêne pas !
    Plusieurs fois, ils ont voulu lapider Jésus.
    La peur !
    Peur de la foule.
    Avaient-ils la lâcheté de le faire !
    Et si ce qu’il disait, était vrai !

    Le supplice aux Romains.
    Il faut qu’ils servent à quelque chose !
    Caïphe n’a pas osé faire le pas.
    Seulement des paroles :
    « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple,
    Et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. »
    Hérode en a fait autant.
    Pilate est seul avec Jésus.
    C’est le grand silence.
    Aucun dialogue.

    Le verdict tombe :
    La mort !
    Pilate a choisi son camp,
    Celui des lâches !
    Il s’en lave les mains.
    La foule de Jérusalem a gagné.
    Flagellation,
    Crachats,
    Dérisions,
    Couronne d’épines.

    Comme ses deux compagnons de supplice,
    Il est chargé du madrier des condamnés.
    Nu devant la foule,
    L’humiliation totale,
    Il est attaché sur la poutre qu’il a portée,
    Puis suspendu au pieu de supplice.
    « Celui-ci est le roi des Juifs ».
    Pilate aurait-il enfin compris !
    Ou acte de dérision,
    Face à la grandeur des Romains !

    Les autorités religieuses ont encore peur.
    Sa résurrection !
    L’exemple de Lazare est  dans leur tête.
    Le Sabbat pascale ne les apaisera pas.
    S’il avait dit la vérité !
    S’il était un envoyé de Dieu !
    (10/04/2020)







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  • Ma nature
     
    Qu’il est difficile en période de confinement,
    De garder un esprit réaliste,
    Sans tomber dans des égarements.
    J’ai une vie indépendante,
    Qui n’accepte pas les coups fourrés.
    Je ne suis adepte d’aucune secte,
    Mon seul souci : ma liberté.

    Le confinement me rend libre ;
    Ma muse n’est pas au chômage ;
    Elle œuvre chaque jour et sommeille la nuit.
    Le repos total, elle ne connaît guère.
    Les mots s’alignent,
    Les pages se remplissent,
    Le poème prend forme.

    Entrer en soi pour découvrir de nouveaux thèmes,
    S’isoler dans la nature environnante,
    S’évader au-delà des nuages
    Dans le monde très ouvert des fées.
    De nouveaux thèmes se découvrent.
    Il faut les trier,
    Et ne retenir que ceux qui nous parlent.

    Les idées fusent à la porte ;
    Il faut les maîtriser, les assembler,
    En un ensemble original,
    Pour construire un poème,
    Compréhensible par son lecteur,
    Fierté de l’artiste,
    Son texte traversera l’espace et le temps.

    Livre ouvert,
    Page blanche à noircir,
    La plume d’oie à l’œuvre,
    L’esprit s’ouvre à l’écriture,
    Aligne les mots,
    Sans s’arrêter,
    Les yeux recherchant un peu de sommeil.
    Si vous aimer écrire,
    N’abandonnez pas votre muse.
    Elle seule peut combler vos souhaits,
    Et remplir vos pages,
    Sans elle, restées blanches.
    Vos mains sont prêtes à écrire,
    A vous d’être imaginatif.
    (05/04/2020)
     









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  • Le grand voyage

    Défi n° 326+0 chez Evy



    Voyage,
    Aéroport,
    Passeport
    Bagages
    Croisière,
    De voyager, une autre manière,
    La traversée d’un océan.

    Les yeux parcourent le catalogue de l’année, bienséant.
    J’ai à cœur de préparer les prochaines vacances,
    Une belle échappée en conséquence,
    Sans se chicaner.
    Faucheuse de voyages,
    L’épidémie brouille tous les aiguillages.
    Précaire, notre situation

    Je réentends déjà aux informations,
    La voie du Premier ministre,
    Annonçant un nouveau sinistre ;
    Le le confinement est prolongé, c’est notre décision.
    Le jour J pour monter à bord,
    Le bateau sera-t-il dans le port ?
    On ne sait plus sur quel pied danser.

    Reprendre le catalogue de l’agence de voyages,
    Un ensemble de séjour condensé
    Un, à chaque page.
    Départ d’un aéroport à l’étranger
    Ça pourrait nous arranger.
    Mais les frontières sont fermées
    Présence du virus également.

    Il faut respecter les règles loyalement.
    Le grand voyage capote
    Du bateau, on ne verra pas la côte.
    Fermés les aéroports,
    Inaccessibles les ports.
    Adieu Madère, la Norvège, le Canada,
    Nous nous contenterons de Sarlat-la-Canéda.

    Le catalogue de l’agence de tourisme,
    Un peu de civisme,
    Va rejoindre journaux et cartons,
    Comme de vieux croutons.
    Le grand voyage aura lieu plus tard,
    Il sombre dans le brouillard.
    Restons zen !
    (05/04/2020)






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  • Le chausse-pied
     



    Histoire d’un pauvre chausse-pied,
    Qui n’a jamais bénéficié de congés payés,
    Ni de primes de fin d’année.
    Il apparaît en pleine jeunesse,
    Toujours prêt à rendre service,
    Comme s’il venait de sortir de l’atelier.
    Histoire sans parole,
    D’un ustensile indispensable.

    D’allure rouillée
    Mais ferme dans son travail
    Sa couleur est le signe des années de service,
    Au soulagement des pieds humain.
    Qui me dira mon âge ?
    Question à cent sous,
    Car quand je fus fabriqué
    On ne parlait pas en euros.

    Je l’ai toujours connu chez mes parents,
    Que de chaussures il a aidées,
    Pour en respecter les contreforts,
    Soulager les pieds trop fragiles,
    Pour des souliers à haut talons,
    Sans faire basculer madame,
    Dont les extrémités sont enflées.
    Elle doit absolument les porter
    Pour respecter la mode.

    Je n’ose dire mon âge,
    Plus que centenaire,
    Près de trois siècles derrière moi
    Et toujours en pleine forme.
    J’ai chaussé le grand-père,
    Ses enfants,
    Et aujourd’hui le petit-fils
    Qui frôle les quatre-vingts ans.


    Chausse-pied en acier,
    Sans aucune bavure,
    Sans aucune rainure,
    Toujours prêt à rendre service ;
    Il fait encore sa Bonne Action quotidienne ;
    Il verra d’autres générations
    Si les souliers se portent encore.
    (02/04/2020)



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  • Et que voguent les mots

     

    Mots surpris par la tempête
    Qui secoue la plume d’oie,
    Au gré des vagues,
    Tourbillonnant dans mon esprit,
    Sans pouvoir atterrir sur la feuille,
    Qui reste couleur d’écume.

    La tempête les secoue,
    Les retourne dans tous les sens,
    L’esprit ne peut les rattraper,
    Pour les aligner comme il le souhaite,
    Composant une phrase,
    Point de départ d’un poème.

    Il navigue dans le brouillard.
    Son esprit est surchauffé,
    Cahoté dans tous les sens ;
    Il va chavirer sur les rochers,
    Et disparaître à jamais,
    Repos éternel dans le lit de la mer.

    La tempête se calme peu à peu,
    Laissant transparaître les premiers rayons d’un pâle soleil.
    Une bise légère va sécher le pont.
    Les mots sont encore tout engourdis,
    N’osant mettre le nez dehors,
    Et profiter de l’accalmie.

    Les voici debout au pied du grand mât,
    Ils respirent l’air du grand large,
    Remplissant leurs poumons.
    Ils reprennent force,
    Prêts à reprendre le travail,
    Pour le plus grand bonheur de l’artiste.

    Le courage s’empare de leur cœur.
    Dans la bise, ils s’envolent,
    Et se regroupent
    Pour trouver sens.
    Traversant les nuages encore sombres,
    Ils cherchent le port dans un esprit ouvert.

    Le poète ouvre les yeux,
    L’éclaircie le réchauffe.
    Son  esprit bouillonne,
    Son cœur revit.
    Les mots descendent jusqu’à lui,
    Pour entrer dans son port et s’amarrer.

    Les vers glissent sur le papier.
    Rempli de joie, le poète revit.
    Sa muse est revenue.
    Le poème prend forme,
    Les strophes s’alignent,
    Il ne peut plus s’arrêter.
    (1/04/2020)






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  • Vivre chaque instant profondément,
    Et du quotidien absolument,
    N’est pas toujours évident,
    Car on n’est pas maitre du temps,
    Ni des évènements fortuits,
    Qui ne sont pas souvent gratuits.

    L’instant présent est plus précieux
    Sans se montrer trop ambitieux,
    Que celui d’hier à la même heure,
    Pour atteindre une vie meilleure.
    Il faut vivre pleinement sa journée,
    Sans en être consterné.

    Prendre sa place dans le calendrier,
    Tout en se laissant aiguiller ;
    Et ne pas remettre à demain matin,
    Ce que traverse mon chemin,
    Le faire aujourd’hui sans rechigner,
    Mais ne pas se laisser embobiner.

    Le maintenant de la vie,
    Quel que soit le pays
    Doit être vécu pleinement,
    Jusqu’à son complet acheminement.
    Il suffit parfois de changer de cadence,
    Mais respecter la cohérence.

    Il faut se méfier du ronronnement
    D’une journée de confinement.
    Vivre chaque instant comme si c’était le dernier
    Sans pour autant se laisser aliéner,
    Et adapter son comportement
    En évitant tout débordement.

    Il faut savoir partager son temps
    Avec son environnement,
    Surtout dans un espace réduit,
    Avec autrui,
    Tout en gardant son jardin secret
     Qui échappe à tout décret.

    La vie est ainsi faite,
    Pour nous, imparfaite,
    Il faut l’accepter comme elle est,
    Sans vouloir changer son nez,
    A chaque instant pour son bon plaisir ;
    On ne peut pas toujours choisir.
    (30/03/2020)


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  • L'horizon
     


    La ligne d’horizon échappe à ma vue ;
    Trop de nuages gris imprévus,
    Par la météo quotidienne,
    Sur les ondes moyennes.
    La place du village est bien triste,
    Les gens sont rentrés chez eux, trop égoïstes !

    Quelques oiseaux quittant leur nid,
    S’envolent vers un autre horizon,
    Où ils seront plus épanouis,
    A la recherche d’une meilleure saison.
    Devant l’hiver, le printemps serait-il déjà fini ?
    C’est écrit sur le calendrier, les saisons  sont bien définies.

    Les giboulées de mars se déclinent toujours au présent,
    Tant que le mois n’est pas agonisant.
    Le soleil des derniers jours s’est enfui,
    Nous sommes désolés, le beau temps a changé son circuit.
    Les rayons du soleil venaient nous soulager,
    Et, du froid trop rude, nous dégager.

    Avril, ne te découvre pas d’un fil,
    Même si tu restes dans une file.
    Mai, fais ce qu’il te plaît,
    Dehors, sort ton balai,
    Profite du soleil,
    Gard aux abeilles.

    La ligne d’horizon est bien basse,
    Tout cela m’agace.
    Les rayons du soleil se sont éteints,
    Je vois à peine le chemin.
    Il faut ressortir les manteaux,
    Pour nous, les continentaux.

    Le temps respecterait-il la consigne ?
    Pour lui, ce serait indigne.
    Même consigner à la maison,
    On a besoin de la chaleur de la saison,
    Pour se remonter le moral,
    C’est bien normal.
    (22/03/2020)


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  • Poussières 

    Elles défient les mères de famille
    Et les femmes de ménage.
    Elles s’incrustent partout
    Rejettent les chiffons et produits divers,
    Entourent les bibelots,
    Grisaillent les feuilles des plantes,
    Les poussières sont reines ;
    Leur royaume, nos intérieurs.

    Poussières dans les champs,
    Quand passe la moissonneuse ;
    Nuages de fumées qui traversent les routes,
    Gênant la circulation des véhicules.
    Qui peut les balayer ?
    Elles s’affalent sur le goudron.
    Elles trahissent ceux qui empruntent le chemin,
    Et recouvrent tous les randonneurs.

    Poussières d’étoiles,
    Qui envahissent notre planète.
    Ne serions-nous que simples poussières d’étoiles,
    Hommes qui naissent de la poussière,
    Et qui retourneront en poussière ?
    Rêves de spécialistes,
    Ou réalité de notre existence,
    Comme le souligne la Bible ?

    Poussière de bois,
    Bois en fin de vie, en décomposition,
    Bois dans les scieries qui deviennent planches,
    Bois dans les mains d’un menuisier,
    Bois sur l’établi du bricoleur.
    Planches composites de poussières de bois,
    Agglomérés,
    Ou simple contreplaqué.

    Poussière de charbon
    Absorbée par les mineurs,
    Laissant dans leurs poumons un avenir de silicose,
    Que personne ne pourra soigner.
    Drame de la mine !
    Maladies professionnelles
    Que paiera la veuve
    Et toute sa famille.

    Poussière de fées,
    Qui emplissent nos rêves de couleurs chatoyantes,
    Et recouvrent nos corps endormis,
    D’une pluie mystérieuse venue du ciel.
    Je ne le saurai jamais, car, à mon réveil, elles s’évanouissent
    Me laissant seul dans ma réalité.
    Tristesse de la vie,
    Où la poussière est bien triste.
    (15/03/2020)

     


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  • L’intrus 

    Il est venu, il est là.
    Personne ne sait d’où il vient.
    Quel chemin a pris cet être indésirable ?
    Quelle route empruntée ?
    Aucun passeport,
    Pas de carte d’identité à jour
    L’espace Schengen, il ne connaît pas.
    Et pourtant il est là.

    Aurait-il voyagé dans des bagages en soute,
    Dans des sacs en cabine,
    Dans une poche d’un touriste ?
    L’aéroport n’a rien décelé.
    Les douaniers, aucune remarque,
    Et pourtant il est bien là.
    Voyage dans les airs ?
    Passager clandestin d’un drone ?

    L’armée est sur le pied de guerre,
    La gendarmerie en alerte maximum,
    La police sur les dents
    Les administrations s’enferment,
    Les écoles se barricadent,
    Les collèges se replient sur eux-mêmes,
    Les universités suivent le mouvement ;
    Les entreprises hésitent à fermer momentanément.

    Cet intrus fait peur.
    Il se glisse partout.
    On lui a inventé un nom,
    Que l’état civil ne connaît pas,
    Et qu’il refuse d’enregistrer.
    Les chercheurs du monde entier traquent sa trace.
    Nouvelle arme de guerre ?
    Qui en est à l’origine ?

    Le premier nom qu’on lui a donné : coronavirus
    Parce qu’il avait la forme d’une couronne.
    Trop simple comme nom pour les lecteurs lambda,
    Trop facile à comprendre et à retenir.
    Covid-19 pour les grosses têtes.
    Le problème à notre niveau reste le : même :
    Isolement, lavage des mains,
    Précautions simples qu’il faut respecter.

    Ne vous affolez pas,
    Pas de panique.
    Pourquoi faire des stocks inconsidérés ?
    La guerre n’est pas déclarée.
    Mais les gens restent indisciplinés.
    On ferme café et cinéma,
    Allons sur les pelouses du parc, il fait si beau.
    Le virus ne s’intéresse qu’aux personnes âgées et fragiles.
    (16/03/2020)

     


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  •  

    L'Arbre

     

     

    Au milieu d’une grande clairière,

     

    Entourée de touffes de fougères,

     

    Un vieux chêne majestueux,

     

    Formant, avec ses grosses branches, un ensemble respectueux

     

    Manquant un peu de souplesse,

     

    Planté par des membres de la noblesse,

     

    Dressait son squelette,

     

    Comme des girouettes,

     

    En ces temps hivernaux,

     

    Sans aucun chant d’étourneau.

     

     

     

    Leur écorce était rugueuse,

     

    Calme, jamais fougueuse,

     

    Sculptée d’innombrables cœurs transpercés

     

    Par des inconnus amoureux

     

    Qui se voulaient heureux,

     

    De signifier leur amour controversé.  

     

    Bien attachée aux troncs depuis des temps anciens,

     

    Comme de bons citoyens.

     

    Leur amour étant éternel,

     

    Ils avaient gravé leur union passionnelle.

     

     

     

    Assis dans l’herbe je rêvassais,

     

    A ses amoureux angoissés.

     

    J’avais de sentiment d’être seul à regarder cet arbre magnifique,

     

    Planté là par une baguette magique.

     

    La fée de la forêt le surveillait,

     

    Dans l’attente des temps ensoleillés,

     

    Pour que les hommes ne le coupent pas

     

    Pour le mettre bien bas,

     

    Et accroitre les bénéfices de leur entreprise

     

    Quelques bruissements de feuilles se faisaient entendre dans la brise.

     

    (15/03/2020)

     

     

     


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