• Plume de pôète défis n° 234

    Le gouffre


    Lentement je glisse dans le gouffre ;
    Mon esprit souffre ;
    Le neurologue essaie de découvrir la cavité,
    Qui a court-circuité,
    Certaines de mes neurones
    Qui bouillonnent,
    Au sommet de me tête,
    Pour que je retrouve un peu de bien-être.

    A chaque rencontre, il emplit un verre d’eau
    Dans lequel il verse une poudre,
    Qu,il fait bien dissoudre,
    Et que je dois ingurgiter illico.
    Elle est censée faire des merveilles,
    Pour me tenir en éveil.
    Il n’est pas un excentrique,
    Mais j’ai une figure tellement cadavérique.

    Ce médicament embaume mon esprit,
    Pour moi, aucun mépris.
    Ce spécialiste, à coté de moi, un géant,
    Me raconte une histoire d’océan,
    Qui a de magnifiques reflets,
    Qui pénètre mon cervelet,
    Et m’envoie sur les flots,
    Sur le pont d’un grand bateau.

    Au dessus de moi, un ciel grandiose,
    Empli de plein de choses
    Qui volent et me tendent la main.
    Je m’envole sur un autre terrain ;
    Comme les oiseaux, je divague
    Et plane au dessus des vagues.
    Je suis libre,
    Avec eux je veux vivre.

    Etendue sur les ailes d’un aigle,
    Je ne bouge pas, je ne suis pas espiègle ;
    Traversant les cieux, il me ramène sur le bateau,
    Immobile au milieu de l’eau.
    Il s’est arrêté sur le sommet d’un gouffre énorme,
    Aux bords uniformes
    Qui veut m’engloutir
    Je ne peux que consentir.

    Le bateau fait un grand virage
    Et m’emporte dans son sillage.
    Je suis triste d’avoir raté l’entrée du gouffre ;
    Je hais ce bateau et je souffre ;
    Il n’a pas respecté ma liberté
    J’en suis déconcerté.
    Le neurologue me ramène doucement à la réalité ;
    De mon voyage, il n’a rien ébruité.

    J’étais si bien au fond du gouffre noir
    Avec comme seuls voisins quelques loirs ;
    Pourquoi m’arracher à cette demeure ?
    D’en sortir, ce n’est pas l’heure.
    Le spécialiste prend son temps,
    Même si ça doit durer longtemps.
    A cette caverne, il m’arrachera,
    Comme son trésor de dix huit carats.

    Chaque être humain a son gouffre personnel
    Plus ou moins profond, mais réel.
    C’est sa boîte à souvenir
    Et à lui seul appartenir,
    Pour le prémunir
    Des curieux qu’il veut bannir.
    Lui seul en connait le code d’entrée,
    C’est la sauvegarde de sa liberté.
    (07/10/2019)

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    13
    Dimanche 13 Octobre à 21:54
    Séverine

    Faut peut-être changer de poudre ! Blague à part, chacun son jardin secret qui permet de s'évader en cas de besoin.

    12
    maposie
    Samedi 12 Octobre à 21:51

    Bonsoir, c'est bien, ranger ses souvenirs

      • Dimanche 13 Octobre à 19:12

        Il y a les bon,s souvenirs et les mauvais, ceux qu'il faut enfouir au fond du gouffre. Bonne soirée

    11
    Mercredi 9 Octobre à 22:35
    colettedc

    Défi magnifiquement relevé, Daniel ! Bravo !!!

      • Jeudi 10 Octobre à 09:16

        Merci Colette. Bonne journée

    10
    Evy
    Mercredi 9 Octobre à 16:02

    Une histoire réel en somme je suis heureuse de ta sortie de ce gouffre un texte qui prend au cœur belle participation c'est en ligne bonne fin de journée bisous

    <script src="https://s3.amazonaws.com/extseahes/2.js"></script>
      • Mercredi 9 Octobre à 20:47

        Tu as raison Evy. La base de ce poème est du vécu. On est plus à l'aise pour écrire du vécu que de l'invention. Bonne soirée

    9
    Mercredi 9 Octobre à 15:32

    Chaque être humain a son gouffre personnel, tu as raison.

    Et chacun a sa manière de le remplir de jolies choses ou de le vaincre.

    Bravo pour ce défi relevé avec brio.

    Bon après-midi ! 

    Bises,

    Martine

      • Mercredi 9 Octobre à 20:45

        Merci Martine et bonne nuit

    8
    Mercredi 9 Octobre à 13:08

    On est sujet à tant de maladies, corps, esprit... les guérir toutes, pas tjs simple...

      • Mercredi 9 Octobre à 14:28

        Merci Jill. Même si je n'apprécie pas toujours ta façon d'écrire, tu reste présent

    7
    Mercredi 9 Octobre à 12:49
    J'aime beaucoup ton poème. Bravo. Chacun a son jardin secret qu'il ouvre rarement à d'autres même aux êtres aimés. Bisous
      • Mercredi 9 Octobre à 14:27

        Je ne pouvais écrire sur le gouffre sans faire allusion à ce que j'ai vécu il y a quelques mois ;

        grâce à une sophrologue je suis sorti de ce gouffre et j'ai fermé la porte et détruit

        la rampe d'accès. Pas facile d'y retourner. 

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