Sauras-tu
Que de fois j’ai entendu ces mots : sauras-tu.
Je n’étais pas têtu,
Mais ces deux mots touchaient mon ego,
Je n’étais pas nigaud !
J’avais hâte de devenir grand,
Pour être avec moi cohérent.
J’avais peur de traverser la crise d’ado,
Qui venait rapidos.
La vie serait un long fleuve tranquille,
Pour ceux qui ressemblaient à Achille.
Devant ma voisine qui avait mon âge,
Mon émoi prenait le large.
On se tenait les paumes de mains
Tout le long de chemin,
Pour rejoindre l’école,
Devant le lycée agricole.
Je l’aimais cette fille
Ma petite Camille.
De ma fenêtre de chambre, je la voyais
Mon cœur vacillait.
Chaque jour, on se faisait signe,
De nos fenêtres ouvertes,
Elle m’était offerte.
Nous avions mis en place des consignes,
Pour ne pas être vus de nos parents,
Nous n’étions qu’adolescents.
Un soir je l’ai aperçue en petite tenue,
Devant moi aucune retenue.
Mon cœur jouait de la chamade,
Je ne craignais aucune brimade.
Le lendemain je lui offrais la riposte,
En petite tenue à mon poste.
Jamais on n’en a reparlé
Mais son image était bien emballée
Dans mon cœur.
Quel instant de bonheur.
Sa famille a déménagé
Tout mon être s’est senti piéger.
Je n’ai jamais su pourquoi ;
Ils étaient devenus québécois.
Un jour j’irai au Canada.
J’arrangerais mon agenda.
Mais voilà, elle ne m’a pas laissé son adresse
Quelle maladresse.
Lors de leur déménagement,
J’étais en hébergement
Avec toute ma famille.
En rentrant, plus de Camille.
Mes parents ont été surpris,
Je n’ai rien compris.
(30/06/2021