Le roi des animaux
Couché au fond de sa cage,
Bien loin de son boccage,
Le lion me regarde d’un air agar
Se prenant encore pour un césar,
Dirigeant son empire en solitaire
Étant le seul bénéficiaire.
Je te sens accablé par la canicule
Comme un prisonnier au fond de sa cellule.
Toi le roi de tous les animaux,
Te voici doux comme un agneau.
Je voulais voir un vrai lion,
Je n’en vois que la négation.
Serais-tu devenu un simple roitelet ?
Devant l’ennemi, aurais-tu capitulé ?
Les courses dans la steppe, sont du passé,
Les antilopes peuvent se prélasser.
Le lion s’est enfermé pour une longue retraite,
Loin de chez lui, sur une autre planète.
Sa lionne a été déplacée dans une autre cage
Avec lui elle était trop sage.
Bientôt elle aura des petits,
Le pauvre animal en est anéanti.
La solitude lui pèse, il sent sa fin arriver
Et sa royauté presque achevée.
Est-il né au Kenya ou dans un autre pays africain ?
Vu son âge, personne ne peut le dire, c’est certain.
Depuis longtemps il est enfermé dans ce zoo,
Entouré de grillage, son triste enclos.
Ses repas lui sont servis à travers une grille,
Plus de chasse comme ses voisins les gorilles.
Pauvre lion, tu me fais pitié,
Si je pouvais je t’aurai amnistié
Et emporté loin de là dans la savane,
Peut-être là bas en Guyane.
Je ne peux que me morfondre avec toi,
Sans pouvoir même ouvrir ton toit.
(11 août 2018)