Le chemin pierreux
Je n’oublierai jamais ce chemin pierreux,
qui débouche près de la maison.
Le long des champs, souvent silencieux,
Il est connu depuis plusieurs générations.
Tout entouré de verdure,
Il sillonne pour peu de temps, la nature ;
Bientôt il ne sera plus,
Le maire voulant en faire une rue.
Des immeubles vont prochainement le côtoyer,
Les champs de blé à jamais disparus,
Des logements à perte de vue,
Le modernisme, vous le voyez !
Sur ce chemin encore ombragé,
deux êtres s’avançaient ; ils n’auraient jamais dû se rencontrer.
Ils marchaient à pas feutrés,
l’un rentrait, l’autre s’évadait.
Leurs yeux se sont croisés,
Il faisait encore jour ;
Longtemps, ils se sont parlés,
Comme des enfants, seuls, dans une cour.
Appuyé sur son bâton tenu d’une main,
Il serait resté jusque demain.
Dans le jeu, elle s’est aventurés,
Plus tard, ils se sont retrouvés.
Ce chemin sera-t-il encore là, après l’hiver ?
Le printemps le couvrira-t-il encore de verdure ?
Quoiqu’il en soit, une chose qui est sûr,
Ailleurs, ils se retrouveront comme deux frères.