Mercedes
Mère Cédesse,
De son prénom Agnès
Vient d’être nommé abbesse,
Du couvent de Sainte-Adresse ;
L’avis est paru dans la presse.
Les sœurs l’appellent Mercedes,
Car pour réciter les psaumes elle se presse,
Elles iront à confesse.
Le couvent n’est pas doté d’une Mercédès,
Car ils font vœu de pauvreté ;
Même dans les lieux non habités ;
Mais il a sa Mère Cédesse,
Leur nouvelle abbesse
Qui leur vient de Bourg-en-Bresse,
Le pays des ânesses.
N’est pas encore connue sa nouvelle adresse,
Elle s’en désintéresse.
Elle est plein de tendresse
Mais, des sœurs, n’accepte aucune faiblesse.
Avec elles, le dimanche, elle décompresse,
Car c’est un jour d’allégresse.
Elle ne se prend pas pour une déesse,
Et s’occupe des détresses.
Si une sœur est trop diablesse,
Elle lui botte les fesses.
Chaque sœur, à tour de rôle, est hôtesse,
Ce n’est pas un droit d’ainesse.
Chaque année est organisée une kermesse,
C’est un jour de grande ivresse,
Qui débute par une grand’messe
Où se précipitent les dames patronnesses,
Qui soutiennent le couvent de Sainte Adresse
Avant tout par politesse.
Elles ne voudraient pas qu’il régresse ;
Pour elles, c’est une question de sagesse.
Elles le font avec tendresse,
Et un peu de souplesse,
Loin de toute ivresse.
Les sœurs la préparent en vitesse,
Pour faire plaisir à Mère Cédesse.
(9 octobre 2018)