Voyage
Je décidais d’aller à Saint Jacques de Compostelle ;
Ce n’était pas une décision accidentelle ;
La démarche spirituelle et sacrée de ce voyage,
Etait enfouie dans ma volonté ;
Partir seul ou en convoyage,
Cette question je n’osais l’affronter.
J’y cherchais le trésor de ma vie,
Personne ne m’en avait donné envie.
Je voyais ce voyage agréable,
Et un moyen d’être plus fort contre le diable.
La fatigue ne me faisait pas peur,
Je nageais dans le bonheur.
En toute transparence avec ma paroisse,
Pour effacer toutes mes angoisses,
Élucider ma démarche,
Et organiser les marches,
Je me suis joint à un petit groupe,
Et ensemble, nous mettre en route.
Un ancien marcheur nous a initiés,
En nous forgeant un moral d’acier
Pour réussir notre projet
En restant dans notre budget.
J’avais reçu les insignes de ce pèlerinage,
La coquille, le bâton, un petit livre avec quelques pages
Personne ne m’a poussé à me mettre en route,
En moi, pas l’ombre d’un doute.
Ma volonté, et elle seule, me transportait.
Comme tous ceux qui, avec moi, partaient.
Je mettais lancé un défit
A mes copains, je n’avais rien dit.
Après quelques jours de trajet
Je regrettais un peu mon projet ;
Sac à dos trop lourd,
Trop de Kilomètres chaque jour,
Nuits un peu courtes,
Envie de faire demi-tour sur la route
Tout se combiner
Pour me faire abandonner.
Soutenu par le groupe de marcheurs,
J’ai tenu le coup avec ardeur,
Les épaules lacérées par les lanières du sac,
Les pieds, dans les chaussures, en vrac.
La fatigue, je l’ai surmontée,
Les kilomètres, je les ai affrontés,
Le sac plus léger j’avançais sur la route,
S’était envolée la déroute.
Et un matin, peu avant l’heure du casse-croute,
Mes hésitations ont été absoutes.
Qu’elle émotion de voir la basilique ;
Disparaissaient toutes les critiques ;
Notre projet s’avérait une réussite
Tout devenait licite.
Nous nous sommes presque mis à courir,
Et, au pied du grand escalier, enfin atterrir.
(12/08/2019)