Xylophone
Je ne peux regarder cette photo,
Un véritable exvoto,
Sans remonter dans ma mémoire,
Pour moi, un véritable devoir,
En l’honneur de ces joueurs
Qui m’ont offert des instants de bonheur.
Cette photo me renvoie au Cameroun
Non dans un saloon,
Mais dans une simple case de quartier à Douala
Un véritable gala.
Nous avions acheté un xylophone,
Ce n’était pas un I phone,
Fabriqué dans la brousse,
Derrière lui, plus d’une course !
Nous l’avions ramené en France,
Il a voyagé en soute avec Air-France.
La photo de ses danseurs
D’une soirée, les régisseurs.
C’est Gaston qui avait tout organisé,
Nous ne pouvions rien tabouiser.
10 octobre 1986, décès de ma mère,
J’ai pu rentrer en France pour être avec mon père,
Mes frères et sœurs pour le dernier adieu,
Dans l’église, devant Dieu.
Rentré au Cameroun après quelques jours,
Plus un ami africain ne venait, même pour un simple bonjour.
Ce qui n’était pas une plaisanterie,
Encore moins une idolâtrie,
Ils respectaient mon deuil
Et de la maison ne passait pas le seuil.
Il manquait la fête qui marquait la fin du deuil,
Pour qu’ils repassent le seuil.
Quand on est dans un pays, il faut accepter les coutumes,
Sans faire preuve d’amertume.
La soirée fut remarquable
Rien de regrettable.
La difficulté fut d’accepter une danse
Avec le portrait de ma mère suivant la cadence.
Dans l’orchestre local, des xylophones et des tamtams,
Dansaient de nombreuses femmes.
(07/04/2021)