Les souffrances
Enfouies au fond de son être,
Tu ne peux les voir.
A certains moments tu les sens.
Elles sont trop profondes
Enfermées depuis si longtemps,
Que le jour leur est interdit,
Que la mémoire n’arrive plus à les oublier,
Que le cœur ne peut effacer.
Elles sont si anciennes
Que le marbre en a perdu la trace.
Les souffrances physiques ne durent qu’un temps.
La médecine peut les soulager et les faire oublier.
Même le handicap s’estompe progressivement.
Le corps s’adapte à ces nouvelles normes ;
Il apprend à oublier,
Il sait se faire aider,
Il ne refuse pas le soutien des autres.
Le corps est volontaire,
Il sait se battre contre les aléas de la vie ;
Il se montre solide devant l’adversité.
Les souffrances qui touchent le cœur,
S’y accrochent au-delà du temps.
Enfouies depuis si longtemps,
Elles ne peuvent remonter à la surface.
Les canaux sont trop étroits,
Leur passage très dangereux,
Personne ne peut les aider à sortir.
On les laisse dans leur enfouissement.
Pourquoi aller les repêcher,
Dans l’abime où elles se sont réfugiées.
« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas »,
Disait Blaise Pascal.
L’être raisonnable ne saurait les faire émerger,
Car il ne les connaît plus.
Depuis longtemps il les a effacées ;
Mais leur ancrage inonde encore son esprit,
Sans qu’il en soit conscient.
La racine est si profonde,
Qu’elle ne peut atteindre la surface,
Même si la nature met du sien.
Une seule porte de sortie :
L’amour qui l’unit à un autre,
Un amour vrai,
Qui descendra au fond du cœur
Pour arracher cette racine,
Qui fait tant de mal,
Et empêche de vivre.
L’amour connaît les raisons du cœur,
Lui seul en trouve les remèdes,
Pour une guérison totale.
(06/02/2020)