• Sentier pédestre

    Silence environnant,
    Dans un cadre enchantant.
    La solitude nous emporte au-delà de nos limites,
    L’envie de vivre un temps en ermite.
    Le chemin nous emmène au loin,
    Sans aucun témoin.
    Heureux de vivre ce temps d’isolement
    Les oiseaux chantent triomphalement.

    Pas un ruban de nuage ne traîne dans le ciel.
    Je vis un temps immatériel.
    Je goûte le plaisir de la solitude,
    Coupant avec mes études.
    L’air est sein,
    Je suis au milieu d’un immense dessin ;
    Je sais ce que pensent les spécialistes de ce bassin
    À l’unique chemin.

    De temps à autre je croise quelques familles,
    Qui excitent mes papilles.
    Les chemisiers multicolores d’été,
    Sympathiques variétés,
    Laissent entrevoir les petits seins naissants
    De ces enfants encore adolescents.
    Mes yeux profitent de ce court interlude
    Qui comble ma solitude.

    La transparente de ces corsages saisonniers,
    Qui font un peu trépigner,
    Changent l’allure de certaines de ces jeunes gamines,
    Qui ne sont pas toutes des vermines.
    Elles aiment jouer avec les couleurs,
    Pour leur plus grand bonheur,
    Et laisser montrer les aspects cachés,
    D’un frêle corps affiché.

    Elles savent le pouvoir qu’elles ont sur les garçons,
    Voulant leur donner quelques bonnes leçons.
    Pour elles, ce n’est pas un terrain miné,
    Il suffit de ne pas se laisser embobiner.
    Mais un jour, le ver se glisse dans le fruit,
    L’amour s’immisce sans bruit.
    La liberté n’est plus de mise,
    A pris le dessus la poésie.
    (21/07/2021)





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  • Mon petit poisson

    Calamité de calamité,
    Tout est ambiguïté.
    J’ai un petit poisson rouge
    Dans son aquarium il bouge,
    Tournant en rond dans son espacement carré,
    Sur son meuble bien amarré.
    C’est le mémorial de mes quatre ans,
    Lorsque j’avais perdu ma première dent.

    Sa pitance, je lui donne à des horaires précis.
    Mon père, en ferait tout un récit.
    Les graines sont rangées dans la cuisine,
    Je l’ai lu dans un magazine.
    Il ne doit pas voir la boîte dans la journée,
    À tout moment, il serait prêt à en enfourner.
    Petit poisson très gourmand,
    Ce serait alarmant.

    C’est un parangon de sagesse,
    Une véritable déesse.
    Il ne grommelle jamais,
    Car il sait qu’il est aimé,
    Lorsque je suis en retard pour son repas,
    C’est pour lui un appât.
    Mon voisin qui travaille dans l’astronomie,
    Vient le voir de temps à autre, il lui a promis.

    Un matin, je le trouverais inerte au fond de son logement.
    Sa vie se finira pénardement.
    Mon cœur sera empli de tristesse
    Est partie Mon Altesse.
    Toute vie sur terre a une fin,
    Je le mettrai dans un couffin,
    Enterré dans un coin de jardin
    À droite du chemin.

    Je respecterais les usages,
    Tout est question de dosage.
    J’organiserais une procession,
    Pour son expatriation,
    Des bouquets de fleurs
    Pour son voyage de bonheur.
    Le ciel des poissons l’accueillera,
    Bien au-delà du Sahara.
    (19/07/2021).


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  • L’oiseau Lyre

    Jamadrou et l'oiseau lyre

    L’oiseau-lyre s’est arrêté à côté de moi.
    Il n’a pas osé me réveiller,
    Car il savait que j’étais fatigué,
    Sans bruit il s’est approché de mon visage,
    Pour entrer dans mon subconscient.
    Ses couleurs chatoyantes,
    Ont fait cligner mes yeux.

    J’ai eu de mal à le reconnaître.
    Sa dernière visite une récitation :
    Deux et deux quatre et quatre huit…
    Mais voilà l’oiseau-lyre qui passe dans le ciel,
    Je le voyais, je l’entendais.
    Il n’avait pas changé
    Couleur lumineuse.

    Il a ensoleillé toute la classe.
    J’étais le seul à le voir,
    Les copains disaient inlassablement :
    Deux et deux quatre et quatre huit…
    Au milieu de ma gastro,
    Il a ouvert un autre univers,
    Celui du rêve gratuit.

    Il ne m’a pas réveillé.
    Il ouvrait mes yeux sur un autre monde,
    Celui de l’amour
    Et de la joie,
    Oubliant les catastrophes ambiantes,
    Qui comptent les disparus à la pelle.
    Je me suis réveillé épanoui.

    Je circulais dans la maison,
    Je volais comme le petit oiseau-lyre.
    Mon bâton devenu inutile.
    Les douleurs s’étaient atténuées,
    Le soleil m’a attiré dehors
    Quelques minutes.
    Je rentrais.

    Reviens petit oiseau de toutes les couleurs ;
    Fais-moi rêver d’un autre monde,
    Celui de l’innocence
    De la joie.
    Le monde des fées,
    Des anges,
    Qui vivent dans la forêt du bonheur.
    (17/07/2021)






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  • Vestige

    Atelier Évy 324

    Bien posées devant le garage,
    Image d’un autre âge,
    Avec deux types de carburant,
    Enregistré sur le livre du commerçant.
    Les deux pompes ne sont pas reliées entre elles,
    D’un côté le gazole pour les industriels,
    De l’autre les particuliers,
    Mais pas les céréaliers.
    La séparation est subtile,
    Ce n’est pas de l’oxyde d'éthyl.

    Aujourd’hui ce type de station a disparu.
    Les anciennes mises au rebut
    On a inventé des appareils plus sécurisés,
    Le client ne va pas jaser ;
    Il ne faut pas pousser,
    C’est lui qui va débourser.
    En plus, c’est à lui de se servir,
    Et à chaque station se resservir.
    Ce sont les aléas de la sécurité,
    Obligation à respecter sans ambiguïté.

    On peut délirer sur la modernité,
    Et déployer tous nos efforts sans discontinuité,
    Nous ne sommes que des éponges que l’on imbibe,
    Les gentils contribs,
    Pour diluer les capitaux en circulation,
    État, grands groupes industriels et leurs stations.
    Les pompistes ont disparus de nos campagnes,
    Dans certaines régions, c’est le bagne.
    Ne parlons pas des voitures électriques,
    Avec un côté féérique.
    (17/07/2021)

     

     


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  • Je veux peindre un tableau

     
    Je voulais peindre un coin de nature,
    Avec très peu de verdure.
    J’ai rencontré ma muse
    Dans une allée un peu diffuse,
    Au fond de mon jardin,
    À l’extrémité du chemin.
    J’avais besoin d’une vision personnelle
    Un peu passionnel.

    C’est au milieu de la matinée,
    Que mon cœur a tout combiné.
    Quelques fleurs bleues,
    Un fond jaune comme un sol sableux,
    Ma future aquarelle prenait forme,
    Et dans ma tête bien conforme,
    Le rêve de ma vie,
    Se trouvera assouvi.

    Mon œuvre sera parsemée de fleurs,
    Riche en couleurs.
    Devant, des fleurs bleues, un léger voile,
    Qui couvrira toute la toile.
    Comment transformer mon rêve en réalité ?
    Que de regrets à la vue du premier essai raté.
    Mon professeur m’a interdit de le jeter
    Bien que personne n’oserait l’acheter.

    Des mois après, j’ai compris sa position.
    On garde toujours sa première composition,
    Pour mesurer l’évolution du travail accompli,
    Et regarder son œuvre embellie.
    Dans ma dernière version j’ai ajouté un papillon.
    Je le prenais pour un grillon !
    Sa couleur jaune avait attiré mon attention ;
    Avec le fond jaune d’origine, quelle évolution !

    On ne naît pas peintre, on le devient.
    Patience et longueur de temps,
    On n’est pas incompétent,
    Il faut en prendre les moyens.
    Certains le font seul en tortillard
    D’autres suivent les beaux-arts.
    Les uns et les autres se découvrent
    Avant d’avoir visité le Louvre.
    (13/07/2021)

     



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  • Nuit de crise

    Atelier 15 chez Ghislaine

    Horreur au cours d’une profonde nuit
    Angoisse, sourire, colère,
    Je ne supportais aucun bruit,
    Quelle galère !

    J’étais coupé du monde.
    Ma langue desséchée par la profondeur d’une sonde,
    Un grand couteau au ras du cou,
    Qui montait et descendait, fixé à un bambou.

    Je contemplais cette installation les dents serrées ;
    Je ne pouvais me libérer ;
    Couché sur un tapis de verdure,
    Je trouvais mon lit trop dur.

    Ciel bleu dans ma nuit noire,
    Je me laissais choir,
    Face à une lune blanche,
    Je risquais l’avalanche.

    Qui m’arrachera à cette angoisse,
    Et me délivrera de cette poisse ?
    Crier, hurler, personne ne répondra,
    Du milieu de ce brouhaha.

    Un seul espoir
    Dans l’eau me laissait choir.
    Au milieu de cette nuit sombre,
    Ne traine aucune ombre.

    Ce fut mon salut,
    Je n’avais pas la berlue ;
    Je nageais dans une eau glacée,
    Je n’étais pas blessé.
    (11/07/2021)


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  • Un voyage mouvementé

    Atelier Marie-Lise liste 10

     Peut-on faire l’évaluation,
    De ceux qui sont allés jusqu’à l’intégration,
    De tous ces hommes, femmes et enfants,
    Qui ne comptaient plus le temps
    D’un débarquement sur la terre ferme,
    Dans un pays de charme.
    Ils étaient contraints de fuir leur pays,
    Avec l’espoir d’être recueillis,
    Là-bas, de l’autre côté de l’eau,
    Espérant trouver du boulot.

    Les passeurs devaient les persuader
    Et, sur les embarcations, les barricader,
    En les assurant de quelques familles par passage,
    Facilitant l’atterrissage.
    Nombreuses les personnes entassées sur ces embarcations,
    Pour une expatriation.
    Ils se lançaient comme des fantômes,
    Sur un chemin couvert d’hématome.
    Fortunes inestimables pour les passeurs,
    Qui avaient perdu toute saveur.

    Émouvantes ces photos
    Passées en boucle sur les infos,
    Ces hommes, ces femmes, ces enfants,
    Qui avaient perdus la notion du temps,
    Secourus par des bateaux d’association,
    Refusant toute résiliation.
    Combien ont péri en mer,
    Courant après une chimère,
    Devant la faim ou la guerre,
    Une nouvelle traite négrière.

    Les pays méditerranéens refusent ces bateaux de secours ;
     Ils n’ont aucun recours !
    Voyages mouvementés sur des embarcations de fortune,
    Leur sauvetage, une infortune.
    Personne ne veut les accueillir,
    Ils vont de nouveau défaillir ?
    Est-on revenu à l’époque de la traite des humains,
    Et, comme Pilate, s’en laver les mains ?
    France, pays d’accueil,
    Valeur inestimable, les laisseras-tu dans leur cercueil.
    (08/07/2021)










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  • Un temps de repos

     La fraicheur s’est emparée de nos régions,
    On n’en connaît pas les raisons.
    Seul le midi est privilégié
    Avec une forte chaleur
    Qui fait vendre des ventilateurs.

    Temps de détente,
    Allongée sur le hamac du jardin
    Le long du chemin ;
    Lumière éclatante
    Du soleil à son zénith,
    Gardez une bonne conduite.

    La soif me surprend en pleine sieste ;
    Je suis seule, c’est la tristesse.
    Il faut que j’abandonne mon hamac ;
    Et que j’installe un petit snack,
    Pour la prochaine journée,
    À moi de me materner.

    Le hamac un peu à l’ombre,
    Presque la pénombre,
    Me donne envie de dormir
    Sans m’enfuir.
    La paix règne dans cet univers,
    Que j’ai découvert.

    C’est mon domaine secret,
    Pour les autres indiscrets.
    Je suis maître des lieux,
    Même inconnu des dieux.
    C’est là que ma muse me conseille
    Pour écrire des merveilles.
    (07/07/2021)


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  • Drôle de rencontre

    Ce distributeur de publicités,
    Travailleur avec beaucoup d’assiduité,
    Ne comptant pas ses heures,
    Il était aussi prospecteur,
    Pour un magazine
    Proposant des recettes de cuisine.
    Il avait dans ses sacoches un matériel hétéroclite ;
    Rien à redire sur sa conduite.
    Il faisait le tour des pavillons,
    En regardant les papillons.

    Cheveux hirsutes, vêtements assortis,
    Allure extravertie.
    En sonnant à chaque maison,
    Dans la mauvaise saison,
    Il dépoussiérait ses chaussures,
    Pour enlever toutes les ordures.
    Il partageait son secteur avec un jeune compagnon,
    Sur les bords, un peu grognon.
    Il lui avait été imposé,
    Sans pouvoir s’y opposer.

    Groupe interactif, avait dit son patron,
    À toi de former ce mitron.
    Considère-le comme ton chevalier,
    Ton nouvel allié.
    Pas de sonnette à ce pavillon,
    Ni de carillon.
    Il frappa à la vitre de la porte ;
    Un jeune garçon en short,
    En ouvrant dit : Maman, c’est l’homme de Cro-Magnon
    Qui veut te vendre des oignons.
    (01/07/2021)


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  • Sauras-tu

    Que de fois j’ai entendu ces mots : sauras-tu.
    Je n’étais pas têtu,
    Mais ces deux mots touchaient mon ego,
    Je n’étais pas nigaud !
    J’avais hâte de devenir grand,
    Pour être avec moi cohérent.
    J’avais peur de traverser la crise d’ado,
    Qui venait rapidos.
    La vie serait un long fleuve tranquille,
    Pour ceux qui ressemblaient à Achille.

    Devant ma voisine qui avait mon âge,
    Mon émoi prenait le large.
    On se tenait les paumes de mains
    Tout le long de chemin,
    Pour rejoindre l’école,
    Devant le lycée agricole.
    Je l’aimais cette fille
    Ma petite Camille.
    De ma fenêtre de chambre, je la voyais
    Mon cœur vacillait.

    Chaque jour, on se faisait signe,
    De nos fenêtres ouvertes,
    Elle m’était offerte.
    Nous avions mis en place des consignes,
    Pour ne pas être vus de nos parents,
    Nous n’étions qu’adolescents.
    Un soir je l’ai aperçue en petite tenue,
    Devant moi aucune retenue.
    Mon cœur jouait de la chamade,
    Je ne craignais aucune brimade.
     
    Le lendemain je lui offrais la riposte,
    En petite tenue à mon poste.
    Jamais on n’en a reparlé
    Mais son image était bien emballée
    Dans mon cœur.
    Quel instant de bonheur.
    Sa famille a déménagé
    Tout mon être s’est senti piéger.
    Je n’ai jamais su pourquoi ;
    Ils étaient devenus québécois.

    Un jour j’irai au Canada.
    J’arrangerais mon agenda.
    Mais voilà, elle ne m’a pas laissé son adresse
    Quelle maladresse.
    Lors de leur déménagement,
    J’étais en hébergement
    Avec toute ma famille.
    En rentrant, plus de Camille.
    Mes parents ont été surpris,
    Je n’ai rien compris.
    (30/06/2021


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  • Dire avouer ou se confier

    Chez Ghislaine liste n°157

    Miroir, ô beau miroir,
    Qui se cache dans le noir,
    Dans l’attente d’une belle destinée ?
    Ne fais pas l’obstiné !
    Je suis dans une frayeur extrême ;
    Je me croirais en temps de carême.
    Pourquoi te compromettre,
    Comme si tu ne voulais pas l’admettre.
    Qui sera la plus belle pour le défilé
    Quelle robe dois-je enfiler ?

    Depuis des années je me confie à toi,
    Mon seul gardien sous mon toit.
    Devant ta face, je ne peux que me lamenter,
    Serais-tu hanter ?
    Réfléchis bien,
    Ou je vais te briser et tu ne seras plus rien.
    Avoue ce que tu as dans la tête.
    Parles-moi de cette fête.
    Une jeune fille sera la plus belle,
    Elle n’est pas rebelle.

    Je peux te dire son nom,
    Et même son prénom !
    Un jeune prince la serre dans ses bras.
    Pourquoi cet embarras ?
    L’issue du scrutin n’a plus de secret,
    Dire son nom, serait un peu indiscret.
    Mais à toi, maitresse,
    Je voulais cacher son allégresse.
    Elle s’appelle Blanche-Neige,
    Elle en aura le privilège.
    (30/06/2021)


    14 commentaires
  • Sauras-tu

    Cactusfolk 73

    Que de fois j’ai entendu ces mots : sauras-tu.
    Je n’étais pas têtu,
    Mais ces deux mots touchaient mon ego,
    Je n’étais pas nigaud !
    J’avais hâte de devenir grand,
    Pour être avec moi cohérent.
    J’avais peur de traverser la crise d’ado,
    Qui venait rapidos.
    La vie serait un long fleuve tranquille,
    Pour ceux qui ressemblaient à Achille.

    Devant ma voisine qui avait mon âge,
    Mon émoi prenait le large.
    On se tenait les paumes de mains
    Tout le long de chemin,
    Pour rejoindre l’école,
    Devant le lycée agricole.
    Je l’aimais cette fille
    Ma petite Camille.
    De ma fenêtre de chambre, je la voyais
    Mon cœur vacillait.

    Chaque jour, on se faisait signe,
    De nos fenêtres ouvertes,
    Elle m’était offerte.
    Nous avions mis en place des consignes,
    Pour ne pas être vus de nos parents,
    Nous n’étions qu’adolescents.
    Un soir je l’ai aperçue en petite tenue,
    Devant moi aucune retenue.
    Mon cœur jouait de la chamade,
    Je ne craignais aucune brimade.
     
    Le lendemain je lui offrais la riposte,
    En petite tenue à mon poste.
    Jamais on n’en a reparlé
    Mais son image était bien emballée
    Dans mon cœur.
    Quel instant de bonheur.
    Sa famille a déménagé
    Tout mon être s’est senti piéger.
    Je n’ai jamais su pourquoi ;
    Ils étaient devenus québécois.

    Un jour j’irai au Canada.
    J’arrangerais mon agenda.
    Mais voilà, elle ne m’a pas laissé son adresse
    Quelle maladresse.
    Lors de leur déménagement,
    J’étais en hébergement
    Avec toute ma famille.
    En rentrant, plus de Camille.
    Mes parents ont été surpris,
    Je n’ai rien compris.
    (30/06/2021





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  • La vieille femme

    Elle portait son fardeau,
    Ce n’était pas un cadeau
    Le dos bien arrondi,
    Elle n’avait pas de caddie.
    Deux bâtons la tenaient droite,
    Elle restait très adroite.
    Elle ne détenait aucun pouvoir,
    Mais uniquement des devoirs.
    Les querelles, elle les évitait
    Sans les ébruiter.

    Elle aimait cuisiner,
    C’était un don inné.
    Sa spécialité : les entremets,
    Et son principal plat : le brouet.
    On pouvait aller la voir à l’improviste,
    Elle n’était pas égoïste.
    Chez elle tout était brillant,
    Un habitat accueillant.
    Ce n’était pas une femme nonchalante,
    Mais toujours vigilante.

    Jeune, elle était entraînante,
    Avec un côté, dominante.
    Elle participait à toutes les fêtes du village.
    Le lendemain, elle menait son attelage,
    Pour le travail des champs,
    À un rythme tranchant.
    Elle n’a jamais voulu de mari,
    Avait tenté sa chance, Jean-Marie.
    Ses vaches, elle s’en occupait bien,
    Et ne réclamait jamais rien.

    Aujourd’hui, usée mais debout
    Elle avait toujours du bagout.
    Son patois faisait rire les villageois,
    Qu’elle trouvait trop bourgeois.
    C’est l’ainée du village
    Conduisant toujours son attelage.
    Les voitures, elle en avait peur.
    Les gens travaillent ailleurs.
    Sa vie a bien changé,
    Elle ne voudrait pas l’échanger.
    (29/06/2021)



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  • Dépaysement

    Atelier de Sévy 42

    Allongé sous les palmiers
    Je ne me sens pas épier ;
    Seul face à la mer,
    Je pense à ma mère,
    Partie trop tôt ;
    Les enfants l’appelaient mamie-gâteau.
    Elle aurait aimé cet environnement,
      Un véritable dépaysement.
    Loin des plages de chez nous trop fraîches,
    Et ses nombreuses pimbêches.

    La couleur du ciel annonce pour demain une belle journée ;
    Les enfants ne vont pas se chicaner ;
    Ils dorment dans le chalet,
    Un véritable petit palais.
    En quête de chaleur,
    Tout le monde trouve ici son bonheur.
    Pas de moustique,
    Ni de Covid asiatique.
    Chacun vie à son aise,
    Que l’on soit maigre ou obèse

    Je regarde la couleur de l’horizon
    Rien à voir avec les nuages gris de notre région.
    Ici personne ne pense à la balance,
    Qui veille sur notre corpulence.
    Plage de nudistes bien surveillée
    Endroit idéal pour débrayer.
    Ma nuit se passera sous les palmiers,
    J’en suis coutumier.
    Ma femme dort avec les enfants,
    Bien loin de notre Morbihan.
    (29/06/2021)


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  • L’absente

    Assis au bord de la falaise,
    Dans la région bordelaise,
    Son esprit s’était envolé
    Comme une plume affolée.
    Un Mug à la main,
    Son café du matin.

    Il y a déjà un an,
    Qu’elle a laissé ce trou béant.
    Ils étaient encore jeunes tous les deux
    Trop jeunes pour se dire adieu.
    Il pensait se marier avec elle,
    Sa petite Isabelle.

    Sa famille a déménagé,
    Ça n’a rien arrangé.
    A-t-elle gardé mon numéro,
    Là-bas dans l’Hérault ?
    Aucune réponse à mes messages ;
    Mauvais présage.

    Son enfance n’était pas loin,
    Blottie dans un petit coin.
    Face à la mer, elle ressurgit,
    Par manque d‘énergie
    En voyant des enfants sur le sable,
    En avant les petits diables.

    Il était assis au centre d’un l’amphithéâtre romain ;
    Il était encore gamin.
    L’atmosphère était lourde,
    Il avait peur de la foudre
    Le matin un ouragan avait ravagé la ville,
    Transformée en une véritable île.

    Un petit arrosoir à la main,
    Il se croyait malin
    De nettoyer des estampes japonaises,
    Pour lui des petites taïwanaises.
    Elles avaient toutes la jaunisse,
    Mais c’étaient des esquisses.

    Atmosphère de jeunesse
    Loin de toute sagesse,
    La jalousie, en lui, était en herbe
    En voyant une fille superbe,
    Dans les bras de son frère ainé,
    Il en était gêné.
    (23/06/2021)











     




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  • Circé

    Jeu des prénoms chez Jill

     Que dire de cette magicienne,
    À Ulysse mitoyenne.
    Redoutable tant par sa beauté,
    Dont elle est dotée,
    Que par ses sortilèges,
    Refusés au collège.

    Toi qui portes ce prénom,
    Serais-tu un mouton,
    Qui suit son berger,
    Pour avoir de quoi manger,
    Et aller à l’école,
    Comme ta voisine Nicole ?

    Ton ancêtre avait d’immenses pouvoirs,
    Ce qu’il te faudrait pour faire tes devoirs.
    Elle élaborait des philtres,
    Et des breuvages en décalitre,
    Pour métamorphoser les gens,
    En animaux divergents.

    En quoi métamorphoser ta maitresse ?
    En chien, en lion ou en pourceaux avec des tresses.
    J’espère que tu n’as pas ses pouvoirs ?
    Je te laisserais choir.
    Écoute bien en classe,
    Tu auras la première place.
    (23/06/2021)




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  • Le fardeau

    Chez Maridan atelier 12 sujet 1

    Si les angles sont bien arrondis,
    Et mis en avant les non-dits,
    L’amour est un fardeau que l’on porte à deux,
    Si l’on veut vivre heureux.
    Il faut encore pouvoir l’assumer,
    Sans se laisser déplumer.
     Pour éviter les querelles,
    Il faut reste naturels.
    Si chacun y met du sien
    Tout ira bien.

    Ce soir pour le souper je vais préparer un entremets,
    Celui que vous aimez ;
    Il sera brillant avec de la crème fraîche,
    Et dessus quelques pêches.
    Le repas sera déplacé.
    Un bon rôti pour commencer.
    Apéritif sur la terrasse,
    Pris sur la table basse.
    Repas sous la tonnelle,
    Autour de Lionel.

    Le lendemain, jour férié, repos pour tout le monde,
    Même pour Raymonde.
    Les nonchalantes, pourront dormir,
    Sans pour autant gémir.
    Les autres iront voir les joueurs,
    S’entraîner au stade.
    Il y aura aussi des chasseurs,
    En balade.
    Si le temps est de la partie
    Surprise-partie.
    (22/06/2021)


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  • Ton vrai visage

    Le masque a caché ton vrai visage,
    Avec ou sans bronzage.
    Trop souvent tu te maquillais,
    Dès que tu étais habillée.
    Pourtant tu es une belle femme,
    Tu aimes quand on te dit : madame.

    Les savants ont dit : dehors, retirez les masques,
    Même au pays Basque.
    Il est urgent de bien respirer,
    Et de pouvoir vous admirer.
    Songer à vos amies
    Rencontrées à Miami

    Le vrai visage d’une personne,
    À votre esprit résonne.
    Pourquoi vous égarez,
    Au corps, il est bien amarré.
    Suivez les traits de la figure,
    Ressort la nature

    Un jour ou l’autre, ton vrai visage sera découvert,
    Tu connaîtras ton calvaire.
    L’âge aura repris le dessus,
    Dans ta vérité, tu seras aperçue.
    Les rides t’auront rattrapé,
    Tu ne pourras y échapper.

    Le visage est la photo de l’individu.
    Qu’il soit ouvert ou tendu,
    Souriant ou triste,
    Méfiant ou égoïste,
    Il faut le prendre dans sa vérité
    Sans aucune velléité.
    (20/06/2021)


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  • La source de l’eau vive

    Je l’aimais bien cette fille,
    Elle était très gentille ;
    Je la voyais chaque matin en classe ;
    Elle était assise pas loin de ma place.
    Elle travaillait mieux que moi.
    En le regardant, j’étais aux abois
    Je ne savais comment la joindre
    Sans l’astreindre.
    Elle était la première de la classe chaque mois,
    Personne ne la montrait du doigt.

    Son bagage scolaire était bien garni,
    Chère Stéphanie.
    Elle était pour moi source de bonheur,
    Cachant mes malheurs ;
    Je marchais dans ses pas,
    Pas besoin d’appât,
    Elle habitait dans ma rue,
    À droite de l’avenue.
    Je pensais à elle chaque jour,
    Amie de toujours.

    Pour elle, j’avais ouvert un recueil,
    Pensant au jour de son accueil.
    J’avais dessiné son visage.
    Elle ne connaissait pas le maquillage.
    Un soir, ensemble, nous avons fait route.
    En moi, c’était la déroute.
    Assis sur un banc, elle m’annonça que son avenir était déjà tracé,
    J’étais angoissé.
    Avais-je une place dans cet avenir ?
    Je n’osais intervenir.

    Durant les grandes vacances
    Elle changeait totalement d’ambiance.
    Elle se retirait dans une chartreuse.
    De son Dieu, elle était amoureuse.
    Elle lui consacrerait toute sa vie
    À lui, elle serait asservie.
    Je ne pouvais lui répondre.
    Ce que je venais d’entendre,
    Une gifle en pleine figure,
    La chute fut très dure.
    (22/06/2021)





     


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  • Eucher

    Je n’irai pas le chercher aux enchères
    Il coûterait trop cher.
    Je n’aime pas faire de la surenchère.
    Sa mère, une simple maraichère
    Qui travaille dans des vachères,
    Autour des jachères.
    Elle s’éclaire avec une torchère.

    Dans le salon un vieux senestrochère,
    Et au-dessus une grande photo de potamochère.
    Elle habite près de Porchère.
    Une petite porte cochère
    Et voilà sa maisonnée très chère.
    Elle craint les phacochères,
    Bons pour la bouchère.

    Son employée, peuchère,
    Est gauchère.
    Mais c’est une bonne vachère.
    Elle est tombée dans la jonchère.
    Elle ne mange que de la viande cachère.
    Elle se prend pour une archère ;
    Ce qui lui coûte très chère.
    (16/06/2021)


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