• Souffle

    Le souffle a davantage d’importance,
    Quand, pour la nuit, il a besoin d’assistance.
    Invisible pour ceux qui l’entourent
    Son absence fait frémir, celle qui dort autour.
    Il ne s’agit pas de gémir
    Mais de vite régir.
    Les apnées dans la nuit,
    Ne font aucun bruit.
    La machine les annihile,
    Comme une infirmière mobile.

    Bien calfeutré le long de la falaise,
    Dans la maison je dors à l’aise,
    Tandis que le vent du Nord gronde sur l’océan
    Bien souvent malséant.
    Issues d’un espace infini,
    Au rythme indéfini,
    Les vagues font frémir,
    Nous empêchant de dormir.
     Le bruit de la mer
    Nous laisse un goût amer.

    La tempête fait onduler les vagues,
    Comme dans une voiture l’airbag,
    Qui propulse le passager
    Et du pare-brise dégagé.
    L’envol des oiseaux
    Fuie la terreur de l’eau.
    Qui tiendrait debout dans un ouragan,
    Pas même les bateaux zigzagants.
    Les toitures s’envolent dans le ciel,
    Même dans les petites zones industrielles.


    Les mouettes planent au-dessus des falaises,
    Regardant au loin la côte anglaise.
    Face aux arbres du bord de mer,
    Je pense aux pays d’outre-mer
    chantent des oiseaux colorés
    Dans des arbres tout décorés.
    Triste la côte du nord,
    En hiver, jamais insonore.
    Le bruit des vagues,
    Roulant sur les galets,
    Un véritable ballet
    Les branches d’arbres perdues dans les vagues sont bourlinguées.
    Les falaises déglinguées.
    (01/12/2020)




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  • Accueil

    Ce mot « accueil » s’est forgé dans mon esprit,
    Mot qui m’a un peu surpris,
    Donné par un dominicain,
    Qui l’a dit avec un petit air coquin.
    Il est resté dans ma tête toute la journée,
    Dans tous les sens, je l’ai retourné.
    Prémonition, dissuasion !
    Il fallait mon adhésion,
    Pour en découvrir le sens profond,
    Pour moi, un véritable greffon.

    Mot rabâché le lendemain par Martine,
    Qui n’est plus une gamine.
    Une circonstance inattendue,
    Sans aucun malentendu,
    M’a fait écrire ce mot en haut d’une page,
    Un véritable dopage,
    Pour entrer dans une histoire
    Issue des profondeurs de ma mémoire.
    « Accueil » mot d’actualité
    Que je ne pouvais court-circuiter.

    L’allègement du confinement,
    Ouvre sur un chambardement,
    Pour les fêtes de fin d’année
    Que l’on pensait condamnées.
    L’accueil s’ouvre devant nous.
    À qui va-t-on dire : houhou ?
    Se faire inviter par ses enfants,
    Et revoir ses petits-enfants ;
    Réunir la famille à la maison,
    Et accueillir tout le monde en chanson.

    La joie de la rencontre, ouvre un grand dilemme,
    L’accueil devient un problème,
    Qu’on n’avait pas vu venir
    Devant lequel on ne peut s’abstenir.
    On avait prévu de passer les fêtes à deux
    Dans la maison, merveilleux !
    Il fallait faire avec le confinement,
    On ne pouvait faire autrement.
    Accueillir ou se déplacer
    Personne, ne devait être froissé.

    Tout s’amoncelle dans mon esprit.
    Le déconfinement, le rêve, le texte de Martine
    Un mélange de chocolatines ;
    Une grande friperie.
    Noël, fête de l’accueil
    Tous, autour des fauteuils,
    Avec les grands-parents
    La tradition de tous les ans.
    Le sapin décoré et enguirlandé,
    Les cadeaux achalandés.

    Accueillir se conjugue à tous les temps
    Pour tous, très excitant.
    Avec ou sans confinement,
    Qui a duré trop longtemps,
    La porte doit rester ouverte,
    Avec une amitié offerte.
    L’amour n’a pas de frontière,
    Il rejette les œillères.
    Accueil et Amour deux termes similaires,
    Issus de même estuaire.
    (27/11/2020)
     
       


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  • Automne

    Fin des vacances,
    Je pourrais le dire avec éloquence
    Comme les poètes de jadis,
    L’écrivaient en appendice.
    Saison entre le chaud et le froid
    Comme à Charleroi.
    Passage des fleurs multicolores,
    Aux troncs d’arbres passés au chlore.
    Des moments agréables et ensoleillés,
    Au froid hivernal et les routes à surveiller.

    L’automne trace tranquillement sa route,
    Mettant tout en déroute,
    Dans les villes, dans les campagnes,
    Alors que l’en prépare le champagne,
    En regardant la qualité des grappes,
    Si aux orages, ils échappent.
    Les vignerons surveillent la saison,
    Et ils ont raison.
    En une nuit, tout peut être rasé,
    Ils ne pourront pavoiser.

    Saison des châtaignes,
    Pour certaines régions, une enseigne.
    Saison des champignons
    Que l’on mange avec un sauvignon.
    Saison des premières vacances scolaires,
    Pour tous les élèves, même les primaires.
    Saison des forêts multicolores,
    Les feuilles jonchant le sol, alors.
    Saison des tempêtes et ouragans,
    Avec un air arrogant.

    Saison bien délicate,
    Il ne faut pas crier trop vite « magnificat ! »
    Des villages entiers ont été dévastés,
    Tous les habitants attristés,
    Par des torrents de boue,
    Qui ont embourbé les roues.
    Villages coupés du monde,
    Par des eaux folles et profondes.
    L’automne cause de nombreux dégâts,
    Pour beaucoup, c’est un renégat.

    Automne, saison de transition,
    Entre chaleur et glaciation,
    Attendue de nombreux scieurs,
    Qui surveillent l’évolution du temps avec frayeur.
    Pourront-ils skier en fin d’année,
    Si les pistes ne sont pas profanées
    Par le manque de neige en automne,
    Avec un paysage monotone.
    Les managers scrutent le ciel
    Et surveillent les installations matérielles.
    (27/11/2020)


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  • Témoignage

    Être témoin,
    Ni plus ni moins,
    C’est ce qui nous attend.
    Et il faut avoir du temps,
    Et être présent,
    Toujours bienfaisant.

    En tant que baptisés
    Nous sommes témoins,
    D’une parole d’appoint,
    Qui ne sera jamais épuisée.
    La Parole d’un Dieu qui s’est fait homme,
    Vivant à Capharnaüm.

    Il nous a laissé un ordre,
    Il ne faut pas en démordre,
    Par le biais de ses Apôtres :
    « Aimez-vous les uns les autres ».
    Etre témoin, c’est agir,
    Sans avoir peur de rougir.

    Aimer, accueillir, celui qui est différent,
    Pour un chrétien, ce n’est pas aberrent.
    Aimer son prochain, celui qui est proche,
    Qu’on fuit comme une torche,
    C’est témoigner de son engagement
    A chaque instant.

    La surveillance d’une voisine seule,
    Souvent une aïeule,
    À peine plus âgée que nous,
    Surtout au mois d’août,
    Est un témoignage,
    Pour ses enfants en voyage.

    Aider le sans-abri qui vit dans la rue,
    Qui a une allure bourrue ;
    Un sourire, un morceau de pain,
     Celui assis devant la boulangerie, qui a faim,
    C’est accueillir Jésus dans sa nudité,
    Sans aucune ambiguïté.

    Prendre conscience de la misère
    Née de ce virus, pour tous, bien amer,
    Respecter les barrières de sécurité,
    Avec beaucoup d’assiduité,
    C’est une obligation chrétienne,
    Identique aux exigences païennes.
    (26/11/2020)


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  • Un petit cadeau

    Un pot de confiture,
    Du jardin, la progéniture
    Un petit pot de mures,
    Ramassées près du mur.
    Nos placards en sont pleins
    Un de moins, ce n’est pas un larcin !

    Joli papier doré,
    Au dessin arboré.
    Le voilà emballé,
    Dans un papier étoilé.
    Avec masque et clés,
    Il ne faut rien bâcler !

    Je quitte la maisonnée,
    Et ses champs sillonnés.
    Je descends chez la voisine,
    Sans doute dans sa cuisine.
    Mon modeste cadeau,
    Je pose contre un carreau.

    Quelle sera sa surprise,
    Devant cette gourmandise ;
    Au petit déjeuner,
    Elle ne va pas chicaner,
    Et avec la confiture se régaler,
    Avant de s’en aller.

    Début du déconfinement
    Pour combien de temps !
    Je pars à moins de trente kilomètres,
    Il me faut mesurer les mètres.
    Remplir une nouvelle attestation,
    Qui refuse les abréviations.


    Voilà une gentillesse,
    Un cadeau sans prouesse,
    Qui sans un mot, construit,
    L’amour pour autrui.
    Faites donc pareil,
    Vous verrez des merveilles.
    (28/11/2020)


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  • Dansons la capucine

    La maîtresse prépare la grande fête de fin d’année.
    Le thème général pour les maternelles : les fleurs.
    Elle a choisi la ritournelle :
    « Dansons la capucine ».
    Avec ses petits bambins,
    Elle apprend la comptine
    Qui a bien du mal à entrer
    Dans les petites têtes,
    Très indisciplinées.

    Elle a donné le texte aux parents,
    Les invitant à le chanter avec leurs enfants.
    Deux lignes par jour
    Ça va suffire.
    Certaines mamans jouent le jeu
    Et la moitié des élèves connaissent la chanson.
    Il faut maintenant apprendre la danse.
    Ses bambins se donnent la main
    Et font une belle ronde.

    Qui fera les capucines ?
    Qui fera le jardinier ?
    Unanimement toutes les mains se lèvent.
    Le choix ne va pas être évident.
    Quand elle explique ce qu’ils auront à faire,
    De nombreuses mains se baissent.
    Finalement 3 filles sont retenues
    Elles s’habilleront en capucines,
    Avec de belles robes orange en papier crépon.

    Le jardinier portera des vêtements de travail,
    Et poussera une brouette avec ses outils ;
    Du sac qu’il portera,
    Dépassera une bouteille de vin capiteux.
    Bien sûr, il n’aura pas le droit de la boire,
    Et l’offrira à son papa.
    La ronde des enfants tournera autour d’eux,
    En chantant : dansons la capucine.
    Demain, on fera une dernière répétition.

    Deux mamans se sont chargées des robes des capucines
    On leur a donné le papier crépon de couleur.
    Leurs filles jouent les capucines,
    Ça aidera pour la taille
    Et les essayages.
    Le père du jardinier apportera la brouette.
    La maitresse fournira la bouteille de vin.
    Demain dernière répétition dans la cour de l’école
    Sans les robes des capucines.
    (28/11/2020)
     

     


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  • La Perle

    Un véritable velours,
    Cette fleur qui illumine ma cour,
    Au lever le matin,
    Bien rare sur les chemins.
    Même sous la pluie,
    Elle s’épanouit.
    Elle remplit mon cœur de joie ;
    Mes voisins en cherchent dans les sous-bois.

    Sans fausse pudeur,
    Par son agréable odeur,
    C’est un peu l’amour de ma vie ;
    J’en ai eu envie,
    Quand mon mari m’a quitté,
    Sans rien ébruité,
    Il y a deux années,
    Au cœur, une bonne avoinée.

    Quand sur son cercueil
     La pierre fut roulée, je fis mon deuil.
    J’ai compris qu’il était parti,
    Mes larmes, il fallait les essuyer,
    Et sur autre chose m’appuyer.
    Je cherchais une nouvelle sortie.
    J’ai rencontré un jardinier,
    Par un temps printanier.

    Il vient deux heures par semaine,
    Il a planté des cyclamens,
    Tout autour de la pelouse,
    J’en étais jalouse !
    Sans me prévenir il a implanté des Perles,
    Le protégeant des merles.
    Quand je les ai vues en fleurs,
    A vibré mon cœur.

    Je suis fière de mes Perles blanches,
    L’hiver je les couvre d’une bâche.
    Des amis en sont jaloux.
    Au-dessus du mur, ils me font coucou,
    Espérant récupérer quelques bulles,
    Qu’ils planteraient à l’abri des canicules.
    Je leur ai envoyé le jardinier,
    Ils sont trop préoccupés par leurs deniers.
    (23/11/2020)




     


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  • Mon futur atelier

    Mon projet prend forme,
    Pour moi, quelle réforme.
    Je veux ouvrir un magasin de rénovation de meubles anciens.
    Jusqu’ici je rénovais dans un garage rue Félicien.
    J’ai trouvé un local place de la mairie,
    Une ancienne librairie
    Pour un loyer correct.
    Une annonce dans le journal local, en direct.

    Les murs ont besoin d’un coup de beauté.
    Toutes les étagères ont été démontées.
    Une couleur turquoise me ferait plaisir,
    Tous les murs sont à enduire.
    Mon mari s’occupe du traitement des murs,
    De son coté, aucun murmure.
    Mais il lui manque un petit échafaudage,
    Il ne veut pas utiliser de cordages.

    On ne badine pas avec la sécurité,
    Surtout dans une copropriété.
    Pour les travaux en hauteur, pour lui, c’est indispensable,
    Un accident serait désagréable.
    Dimanche, c’est la brocante du quartier,
    Seront présents tous les métiers
    Il espère y trouver son bonheur,
    Du côté des chineurs.

    Pour fignoler le décor,
    Et attirer les gens du dehors,
    J’ai acheté des tissus pour confectionner des tentures,
    Avec une belle garniture ;
    J’ai presque fini de les découper,
    Je ne dois pas me louper.
    Le lampadaire central est construit par mon fils,
    Qui fait des études artistiques pour les édifices.


    Il a imaginé un lustre avec des coquetiers,
    Et des feuilles d’avocatiers.
    Bois et en métal seront associés
    Pour être appréciés
    Pour l’instant, c’est son secret,
    Une œuvre de fin d’études ; ne soyons pas indiscret.
    (20/11/2020)


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  • Entraide

    Merci d’avoir fait mes courses ;
    Mon frigidaire était vide,
    Je suis livide.
    Je ne manque pas de ressources.
    Quand je pouvais sortir, il était plein
    Et dans le congélateur du pain.
    Mais voilà, mon cœur a fait des siennes,
    Je ne peux plus descendre les escaliers,
    Il manque quelques paliers,
    Pour le repos des anciennes.

    Tiens, prend ce paquet pour tes enfants ;
    Par la fenêtre je les vois quelquefois jouant,
    Avec leur vélo ou leur trottinette,
    Parfois, ils se cassent la binette.
    Ils se relèvent et recommencent,
    Ils recherchent les performances.
    C’est un paquet de chocolat
    Que j’ai gagné à une tombola.
    Mes dents sont trop usées,
    Je ne dois pas en abuser.

    Que faire, seule à mon étage !
    À Emmaüs partira mon héritage.
    Je n’ai pas eu d’enfants à aimer,
    Un verbe que j’aurais voulu essaimer.
    La vie en a voulu autrement,
    Mais j’en ai eu abondement,
    Dans ma carrière d’institutrice,
    Avec mon amie Béatrice,
    Qui m’a quitté, il y a 5 ans,
    Elle non plus n’avait pas eu d’enfants.
    (21/11/2020)


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  • L’attente confinée

    Pauvre chien confiné dans la maison,
    Dans une telle saison !
    Il attend le retour de son maître,
    Pour se soulager au pied du hêtre,
    Lors de la sortie du soir
    Quand il fera noir.

    Attente confinée des commerçants,
    Face à des clients agaçants,
    Piétinant devant les portes fermées,
    Ils sont désarmés.
    Les fêtes accourent avec furie,
    Y-aura-t-il de la pénurie ?

    Internet est un leurre,
    Bien qu’ouvert à toute heure.
    Acheter les yeux fermés, sur catalogue,
    Sans aucun dialogue,
    Avec les vendeuses,
    Au chômage, cafardeuses.

    L’attente des cadeaux, au pied du sapin,
    Confinée le jour de Noël au matin.
    La joie des petits enfants,
    Un sourire triomphant,
    Sera classée aux objets perdus,
    Depuis si longtemps attendus.

    Confinement oblige,
    Tout le monde fait des voltiges
    Pour le contourner,
    S’il n’est pas ajourné.
    Les vaccins annoncés toutes les heures,
    Ont-ils quelque valeur !
    (20/11/2020)




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  • Les couleurs d’automne

    Plume de poète défi n° 292


    Le souffle du vent
    Contourne l’auvent ;
    Volent les feuilles,
    Trembler les écureuils.
    Une véritable danse,
    Avec abondance,
    Qui fait vibrer la clairière,
    Un son de tourbière
    En ces premiers jours d’automne,
    Plutôt monotone.

    Le sol s’est tapissé d’or,
    Magnifique couleur du dehors.
    Lentement les feuilles planent
    De véritables aéroplanes.
    Se posent au bord du ruisseau,
    Habillant de multiples couleurs, l’eau.
    Dans leur voyage,
    Un grand balayage,
    Avec la rencontre de divers obstacles
    C’est la débâcle.

    Elles se retrouvent au fond d’un grand trou,
    Qui s’habille en roux.
    Là elles vont perdre leur couleur,
    Par manque de chaleur.
    Elles deviendront toutes pareilles,
    Qu’elles viennent des arbres ou de la treille.
    Elles finiront en composte,
    Sans aucune riposte.
    L’automne prépare déjà l’hiver
    Avec un temps toujours couvert.

    Sonne le temps des vendanges,
    Pour les vignerons un grand challenge.
    Le travail de toute une année,
    Pourrait vite se faner.
    Les champignons pointent leur nez,
    Cachés sous les feuilles multicolores,
    Presque incolores,
    Souvent enrubannés.
    Les châtaignes se cachent aussi sous les feuilles,
    C’est un peu leur cercueil
    (19/11/2020)



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  • Maximilien

    Maximilien, tu as un joli prénom,
    Et tu joues de l’accordéon.
    Ne fais pas le fanfaron
    Assis à califourchon,
    Pour réclamer des bonbons.

    Tu aimes regarder les avions
    En t’allongeant sur le gazon.
    Pour papa, tu es un démon,
    Qui file un mauvais coton,
    Et en main, toujours un bâton.

    Tu traines sur le balcon
    Au lieu d’apprendre tes leçons.
    Pour maman, tu n’es qu’un fripon,
    Mais toujours son petit fiston,
    Qui mange comme un glouton.

    Tu vas entrer au collège de Chinon ;
    C’est le centre du canton.
    Fais attention à tes boutons
    En jouant au dragon,
    Et n’écris pas comme un cochon.

    J’aimerai que tu apprennes à jouer au ballon,
    Avec l’équipe de Chinon
    Ou que tu fasses de l’aviron.
    Tu n’es pas un étalon,
    Avec de beaux éperons.

    Je t’ai acheté de nouveaux crayons,
    Dans une boite en carton.
    Des pinceaux en coton.
    Que tes dessins soient de beaux fleurons,
    Dignes des environs.
    (18/11/2020)



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  • Espérance

    Atelier 14 exercice n° 2 Les mots de Montpelier


    L’espérance habite la terre,
    Surtout chez les prolétaires.
    Déposez les armes,
    Séchez nos larmes.
    Rangez vos épées,
    Pourquoi nous, frapper ?
    Rebaptisez nos maisons,
    Avant la mauvaise saison,
    Rangez vos avions,
    Améliorez nos situations.

    Ces cris sortent des cœurs ;
    C’est l’espoir d’un peu de bonheur
    L’amitié désarmera toutes les guerres,
    Qui laissent partout un goût amer.
    L’espérance habite tous les humains,
    Qui aimeraient se donner la main.
    Une paix durable
    Pour tous, agréable,
    Non celle de trouver un trèfle à quatre feuilles,
    Ni de voir fructifier nos placements.

    L’espérance est souveraine,
    Elle oriente nos différentes activités pérennes.
    Relisez les préfaces de nos constitutions,
    Consultez les documents officiels, aucune aliénation.
    Le mot espérance ou ses synonymes,
    Tous ces termes qui nous animent
    Figurent en bonne place,
    Y compris dans les classes
    Pour l’intérêt de chacun,
    Ne soyons pas taquin.

    Pour toi qui es chrétien
    Qui recherche les entretiens
    Avec les autres religions,
    Même si elles sont légion,
    Le mot espérance va plus loin.
    Tu es témoin
    D’un Dieu amour
    Qui n’agit pas par des discours,
    Mais qui nous offre une vie éternelle,
    Sa vie originelle.
    (14/11/2020)
     

     


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  • La mer

    Quand la mer monte
    Secouée par une forte tempête,
    Les vagues attaquent les rochers,
    Entraînées par les vents du Nord.
    Elles s’infiltrent en hauteur dans les creux de la falaise crayeuse ;
    S’attaquent aux courbes de la côte.
    Quand la mer se retire,
    Tempête et vent l’accompagnent
    Découvrant une plage de sable,
    Où s’installeront quelques estivants.

    Du haut de la falaise, spectacle magique.
    Sur la plage quelques rares baigneurs.
    La mer semble bercer le bord de l’eau,
    Encore recouvert d’écumes blanches.
    Splendeur du paysage,
    Perle de toute la côte ;
    Attirantes falaises de la mer du Nord,
    Avec ses nombreux rochers,
    Où s’accrochent les moules
    Difficilement accessibles.

    C’est la région de mon enfance,
    Avec les caps Blanc-nez et Gris-nez.
    Plages immenses à marée basse.
    Lors des grandes marées,
    Émergent d’anciens blockhaus,
    Et épaves bien rouillées de bateaux.
    Restes de la dernière guerre,
    Qui nous ont fascinés.
    Au loin, par temps clair,
    Les côtes anglaises.

    Région qui attire de nombreux migrants,
    Qui regardent tristement ces côtes lointaines.
    Pays de cocagne dans leur tête,
    Ils veulent traverser la mer
    En quittant la terre française,
    Où ils se sentent rejetés.
    Légères embarcations encombrées,
    De malheureux comme eux.
    Leur vie est à ce prix
    Ils s’accrochent aux passeurs.
    (09/11/2020)




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  • Patienter

    Toute une vie à patienter,
    Pour ne pas être désorienté.
    Attendre ce qui n’arrive pas
    Comme un mea-culpa.

    Encore faudrait-il être là,
    Quand s’ouvre le gala
    Rendez-vous manqué,
    Nous étions planqués.

    La tête ailleurs,
    Cherchant le bonheur,
    Le corps absent
    C’est agaçant.

    La vie ne peut patienter ;
    Elle est vite désorientée,
    Face à un monde en ébullition,
    Une mauvaise association.

    Dure, dure la vie,
    Course vers l’envie,
    Qui n’aboutit jamais,
    Même s’il est aimé.

    Un beau matin,
    Traînant sur ce petit chemin,
    Tout semble aller bien,
    En laisse le petit chien.

    Le ciel légèrement gris
    Nuages déjà aigris.
    Gouttes d’eau arrosant le chemin,
    Mauvais examen !
    L’homme assis sur le mur, patiente,
    Il est en attente,
    De jours chouettes,
    À la recherche de l’alouette.

    Ce jour viendra,
    Amenant un peu d’apparat.
    La solitude s’envolera,
    Sans aucun embarras.
    (06/11/2020)



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  • La cabane au fond du jardin 

    Dans notre jeunesse,
    Qui n’a pas toujours été sagesse,
    Nous avons connu ces cabanes
    Pour un service idoine,
    Accessibles à tous,
    Sans essuie-tout.
    Fixés au mur, des carrés de papier journal,
    Pour essuyer le canal.
    C’était le coin d’aisance,
    Evitant les nuisances.

    Ces cabanes ont disparues,
    Elles devenaient incongrues.
    Certaines maintenues,
    Servent de rangements aux outils bien entretenus.
    C’était toute une époque,
    Abattues ces bicoques,
    Pour des raisons sanitaires,
    Sans autres commentaires.
    Les lieux d’aisance ont incorporés les maisons,
    Plus sympa en toutes saisons.

    Comprenez ma surprise,
    Quand j’ai vu qu’en Bretagne une entreprise
    Avait redoré le blason de ces cabanes
    Éloignées de la douane.
    Domaine de Kermadrou,
    Qui joue au loup garou,
    Pour vendre sa production,
    Qui avait une bonne appréciation,
    À la recherche de nouveaux clients,
    De cidre, friands.

    Audierne, en Finistère,
    Du domaine, les propriétaires,
    Ont relancé nos petites cabanes,
    Non pour y protéger leurs ânes,
    Mais pour un nouveau style de vacances,
    Avec la nature, une nouvelle alliance.
    Des vacances perchées,
    Sur des branches fourchées,
    En respectant la nature,
    Qui le rend sans mesure.

    L’ombre de la nuit,
    S’étend sans bruit,
    Laissant la place aux étoiles,
    Étendues sur une grande voile.
    Les oiseaux nocturnes,
    Petits cris taciturnes.
    Se réveiller avec le soleil,
    Et le bourdonnement des abeilles ;
    Au loin le chant des vagues et leur ressac,
    La paix dans notre bivouaque.
    (03/11/2020)

     





     


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  • Et maintenant

     Cette chanson de Gilbert Bécaud,
    Sonorité et paroles en écho,
    A retrouvé sa place dans ma mémoire,
    Je n’osai y croire,
    Grâce à Grégory Lemarchal,
    Qui l’a chanté de façon très cordiale ;
    Chanson d’actualité, si je peux dire,
    Et qui permet de rebondir.

    Écouter une telle chanson,
    Quand on sait la façon
    Que disparut le chanteur,
    À la recherche d’un peu de bonheur,
    Secoue le cœur,
    Sans pouvoir être tricheur.
    Grégory, là où tu reposes
    Rejette toute pause.

    Avec toi, aujourd’hui, je peux dire,
    Sans me grandir :
    « Et maintenant que vais-je faire
    De tout ce temps qu’il me reste à vivre… »
    Question qui souvent me taraude,
    En vérité, sans aucune fraude.
    Il faut être réaliste envers soi,
    Je le dis sans effroi.

    Je n’ai pas peur de la mort,
    J’ai peut-être tort.
    Pour moi c’est un passage ou un saut,
    Vers une autre vie là-haut.
    Ma foi me permet d’écrire ces phrases,
    Sans aucune emphase.
    C’est facile à dire,
    Autre chose, le vivre.

    Mort, où est ta victoire,
    Ta promesse de gloire ?
    Ce n’est pas un rêve
    Ni une simple trêve,
    Dans le monde des fées,
    De grands voiles coiffées.
    Réalité pour tous les humains,
    Qui nous surprendra un beau matin.

    Grégory, avec courage,
    Avec ta maladie, tu vivais en covoiturage
    Tu nous as montré le chemin
    Où la vie t’a conduit un beau matin.
    Tu as connu la gloire
    Refusant tout déboire.
    Ta voix résonne encore,
    Malgré les faiblesses de ton corps.
    (05/11/2020)



     




     



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  •  

    Isadora Duncan


     

     

    Ce livre m’a surpris car je ne connaissais pas cette femme qui a révolutionné la danse. Pour moi elle est à l’origine de la danse moderne à une époque où seules les danses classiques étaient acceptées dans les milieux  bourgeois.

    Avec sa famille elle connaît d’abord une existence de bohème en Amérique à San Francisco. Dès l’âge de 10 ans elle danse déjà d’instinct sans avoir appris les règles de la danse classique.

    Elle fait des débuts calamiteux à New York avant de connaître ses premiers succès à Londres, puis à Paris où elle se produit dans les salons proustiens. De New-York à Londres, elle fascine certains milieux de la bourgeoisie, dansant pieds nus, vêtue seulement de grands voiles transparents. Fascinée par la Grèce antique elle veut la faire redécouvrir.

    Elle connaît alors la gloire et une suite ininterrompue d’aventures à travers le monde. Adulée ici, rejetée par-là, elle poursuit son rêve de créer une école de danse.

    Cette femme qui a connu des drames avec la mort accidentelle de ses deux enfants, aime les hommes et c’est son drame. Elle suit la troupe de l'extravagante Loïe Fuller à Berlin, découvre à Vienne le mouvement "Sécession", réinvente l'art antique à Athènes, rencontre Diaghilev et Stanislavski à Saint-Pétersbourg. Enfin, c'est le triomphe ; les contrats pleuvent du monde entier.

    Elle vit des amours tumultueuses, entre autres avec le metteur en scène et décorateur Gordon Craig qui lui donne une fille, puis avec le richissime Paris Singer, l'industriel des machines à coudre, dont elle aura un fils.

    Sept ans plus tard, elle part pour l'Union soviétique, où on lui présente le poète Sergueï Essenine, chante du bolchevisme, de vingt ans plus jeune qu'elle, qui l'entraîne vers de vertigineux abîmes. Elle dansait pieds nus, refusait le mariage, proclamait haut et fort son indépendance, méprisait les conformismes et les préjugés, entendait vivre libre et "sans limites" (selon sa devise), et passait pour une provocatrice. En fait, Isadora Duncan avait un demi-siècle d'avance. Ses conceptions esthétiques et chorégraphiques font d'elle une prêtresse de la modernité. Sa manière de vivre est déjà celle d'une femme libérée.

    Livre passionnant que je conseille.

    Daniel Parent


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  • Les olives

    Quelle soient noires ou vertes,
    Elles sont toujours offertes.
    Les olives sont une source d’argent,
    Pour les dirigeants.
    Regardez-en la forme sur les marchés,
    Certaines sont un peu écorchées,
    D’autres mouchetées.
    Elles seront toutes achetées,

    Elles ne sont pas toutes semblables,
    Mais pour les amateurs agréables
    Il y a des noires et des vertes,
    Mais aucune perte.
    Elles sont gardées dans des jarres,
    À l’abri du brouillard.
    Dans le midi, c’est un fruit sacré,
    Sur les marchés bien ancré.

    Elles accompagnent toujours les pastis,
    Source d’armistice.
    Je suis hostile au goût des olives,
    Dans ma bouche, elles sont agressives.
    Elles sont présentes à de nombreux apéritifs,
    Pour moi c’est négatif.
    Je n’ai jamais pu en manger,
    Et je ne vais pas changer.

    L’huile d’olive n’est pas réservée à la côte d’Azur,
    C’est une bonne mesure.
    Elles donnent une huile vierge,
    Pour déguster des asperges.
    Elle s’écoule dans de nombreux plats,
    Parfumés par cet or du midi.
    Personne ne fait la comédie,
    Pour bien manger, c’est un bel appât.

    L’huile d’olive d’un jaune claire,
    Est un bon auxiliaire,
    Pour une salade composite ;
    Elle chasse les parasites.
    C’est un véritable délice
    Qui n’est jamais complice,
    D’une petite indigestion ;
    Mais facilite la digestion.
    (02/11/2020)



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  • Maison inconnue

    Maison portugaise
    Ou camarguaise !
    Sous toits d’un petit immeuble,
    Avec pas mal de meubles.
    Je ne saurais le dire,
    Et surtout ne pas contredire
    L’auteur de la photo,
    Un petit exvoto.

    Je ne suis jamais allé au Portugal,
    Pays longtemps frugal.
    Je ne parlerais pas de confinement,
    Bien qu’ils suivent le règlement.
    Trois personnes bien isolées,
    Dans trois pièces accolées.
    Chacun a ses activités,
    Sans ambiguïté.

    Dans ce qui lui sert de cuisine,
    La femme serre dans les mains une bassine,
    Peut-être emplie de portugaises,
    Qu’elle va présenter avec des merguez.
    Sous pente ajustée à sa taille ;
    Apparaît beaucoup de détail.
    Femme qui aime que tout soit à sa place
    Comme dans les palaces.

    Dans le séjour son mari
    Qui semble un peu tari ;
    Les yeux fixés sur la table,
    Un air peu accueillables.
    Un verre devant lui,
    Il ne fait pas de bruit.
    À terre on reconnaît un dictionnaire,
    Assez ordinaire.

    Reste le papi assis sur un banc ;
    Sur la tête pas de turban.
    Est-il dans ce qui sert de salle de bains
    Avec un petit chauffe-bain.
    On voit mal ce qu’il fait là ;
    Lui aussi semble las,
    D’une journée de confinement.
    Dans ce sous toit, que de débordements.
    (31/10/2020)


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